Forget injuries but never forget kindness feat Harleen Ravran
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MessageForget injuries but never forget kindness feat Harleen Ravran 24/2/2017, 16:25

Forget injuries but never forget kindness

feat Harleen Ravran


La beauté sauvage du paysage éblouissait l'elfe qui se languissait toujours autant de ses terres natales. Les montagnes affreusement escarpées semblaient toucher les cieux tandis que le soleil se réfléchissait sur les étendues glacées. Le bleu était la couleur dominante de ce paysage atypique parcouru par des arbres morts. Vanwyn pouvait percer l'essence de ces terres si différentes de celle de Balaïa. Toutefois la cité de Parve resterait un mystère pour elle car même Sirendor, chef du clan de l'Ours ne connaissait que des bribes de son antique histoire. Les cités de pierre rendent les Hommes faibles lui a-t-elle murmuré en l'accompagnant jusqu'aux siens. Là-haut son cas serait étudié par la chamane. Elle n'était ni prisonnière ni vraiment libre. Elle était là tout simplement, allongée près du feu de camp. Les enfants les plus téméraires lui jetèrent des bouts de bois avant de se faire gronder par leurs austères mères. Ce qui ne les empêchait pas de la dévorer du regard en notant certaines étrangetés dans son  physique comme la forme des oreilles ou encore l'étroitesse de ses hanches. Indigne de porter la semence d'un homme en somme car selon elles , une telle créature ne peut enfanter sans mettre en péril la vie de son enfant. Heureusement pour elle, elle n'a nul envie d'avoir un enfant.

La chamane aux yeux charbonneux considéra son arrivée d'un mauvais œil. Elle était une étrangère, sujet du royaume de Balaïa même si elle nia de tout mon coeur l'appartenance à cette contrée." Non ! Je suis une elfe et je naquis bien avant vous sur Calaïus". Sa sagesse n'était que feinte car l'elfe avait vu plus de choses qu'elle. Mensonge criait son être tout entier et elle fut raccompagnée près de la frontière pour y mourir. En tout cas, la chamane en était persuadée : sa jambe blessée lui compliquait la tache face aux prédateurs et elle n'était pas vêtue pour affronter le froid mordant de l'Ouest.  Des heures de marche à travers la montagne, une tentative désespérée pour ne pas pourrir là. Vanwyn tomba à plusieurs reprises, sa jambe cédant sur son poids. Elle finit par s'endormir à la faveur du jour. Des bras la soulevèrent alors, son visage se calant de lui-même contre le torse d'un de ses sauveurs. Une odeur musquée de cuir lui parvint, ses yeux s'entrouvrirent. Une chevelure claire lui apparut alors.

<< - Coeurfroid ?  >> dit-elle d'une voix éraillée par la soif

Elle sombra de nouveau dans un sommeil agité par la fièvre tandis que le nom de Coeurfroid semblait dire quelque chose au chasseur l'ayant trouvé. La jeune elfe devait appartenir au groupe des Ravens qui avaient traversé leurs terres il y a quelques jours.

<< - Il faut l'emmener à Blackthorne le plus vite possible ou elle ne survivra pas. Sa jambe s'est infectée et je n'ai pas le nécessaire ici pour la soigner. >>


Un jugement sans appel. L'elfe s'endormit sans se réveiller les jours suivants. Son métabolisme se concentrant uniquement sur sa guérison. En effet malgré sa presque-immortalité, la gangrène pouvait lui faire perdre sa jambe et celle-ci ne risque pas de repousser par magie. Ce qui est défait ne peut-être refait.

Elle reposait sur un lit plutôt confortable même si sa jambe la démangeait affreusement. Un bruit l'avait alerté. Elle se redressa d'un coup attrapant l'épaule de la guérisseuse qui essayait tant bien que mal de refaire son cataplasme.

<< - Où suis-je ? Les Ouestriens ... >> demanda-t-elle d'une voix forte


<< - Reposez-vous et n'essayez pas de parler. >>
lui répondit-elle d'une voix autoritaire

Elle fut plaquée sans cérémonie dans son lit et vit les étoiles de Calaïus. Elle se rendormit alors d'un sommeil sans rêve. Lors de son prochain éveil, Vanwyn se leva en titubant jusqu'à la porte. Elle tourna la clanche de la porte sans rencontrer de résistance, elle n'était pas enfermée dans cette chambre. Elle l'ouvrit et s'aventura dehors en se tenant au mur. Un garde l'arrêta alors. Pestant, elle demanda à voir immédiatement quelqu'un d'importance allant même jusqu'à menacer le garde.

<< - Je suis Gwyn la Rouge non d'une pipe et je pourrai être votre mère. Poussez-vous maintenant ou vous allez comprendre d'où me vient mon surnom >>


Cette diatribe lui avait donné assez d'énergie pour s'élancer vers une grande porte close (sans doute la salle où le seigneur de ce château reçoit ses invités). Cette porte s'ouvrit alors et l'elfe tomba à la renverse dans les bras de la Baronne Harleen Ravran qui alertée par le bruit était venu voir ce qu'il se passait.

<< - Je suis honorée de vous rencontrer Baronne. >>


La légère panique dans ses yeux avait été aussi tôt remplacée par un certain formalisme elfique. Toutefois dans les yeux de l'elfe brillait une sorte de fierté et de respect infini : une femme dans un rôle aussi élevé ne peut faire que danser son coeur de guerrière. De plus, Coeurfroid ne disait que du bien de cette Baronnie avec laquelle son père a jadis combattu lors de l'invasion ouestrienne. Un sujet à priori encore d'actualité ...


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MessageRe: Forget injuries but never forget kindness feat Harleen Ravran 8/4/2017, 15:50

 

 

forget injuries but

never forget kindness
L’ambiance dans la salle de réception était relativement calme. Il y planait comme une moiteur fraîche, exhalée par les épais murs de pierre battus par le blizzard et les chutes de neige à l’extérieur. Seule la présence de multiples braséros apportait un peu de chaleur à l’endroit, lui donnant également ce qu’il fallait de solennité par leurs crépitements. Ce ronronnement des braises était parfois le seul son qu’on entendait dans l’espace austère, soulignant une parenthèse de réflexion : il s’y tenait l’habituel dialogue bihebdomadaire entre la baronne, ses conseillers et les gens de la baronnie qui souhaitaient adresser leurs demandes à leur suzeraine.

Depuis quelques minutes déjà, le léger bruissement des charbons l’emportait effectivement sur toute parole. Seul le surpassaient en volume les interventions involontaires du paysan enchifrené qui se tenait debout devant le conseil. Les reniflements intempestifs et bruyants provoquaient une vraie lutte chez le conseiller financier qui se tenait à côté de la baronne. À n’en pas douter, son rictus dégoûté qu’il essayait de cacher derrière sa main se substituait à un violent désir de jeter un mouchoir au pauvre homme afin qu’il en finisse.

Harleen, quant à elle, était plongée dans une délibération qui lui donnait du fil à retordre. D’après le fermier, qui venait des confins de la baronnie proches de Gyernath, on commençait à redouter dans la campagne ce qui ressemblait de plus en plus à un début d’épidémie, et la présence d’un prêtre de Yëvinn dans son hameau avait ameuté bon nombre de malades qui espéraient guérir grâce à l’entremise de ce clerc avec les Douze. Résultat, il n’y aurait bientôt plus assez de place sous les toits pour accueillir tout le monde, et force était de constater que le prêtre, malgré toutes ses belles paroles et son prêche fervent, n’apportait aucun mieux. Pour soutenir ses dires, il avait amené avec lui un gamin tout en haillons, qui ne devait pas avoir plus de six ans et se tenait à califourchon sur un banc en boulottant des pommes. On l’avait laissé faire : l’objet de sa présence étant de renforcer l’accent pathétique du discours de son chaperon, il avait manifestement été choisi parmi les plus faméliques de son coin d’origine, et la baronne serait passée pour cruelle en lui interdisant de se remplir l’estomac.
L’ensemble risquait bien de devenir ingérable, déjà pour des raisons sanitaires, mais aussi pour des raisons spécifiquement tournées vers l’horizon culturel et politique de la baronnie.

Elle ne pouvait pas laisser la situation s’envenimer. D’ailleurs, la venue du fermier était un problème en soi : toute personne avec qui il s’était trouvé en contact devait impérativement être surveillée, quand bien même il se disait l’unique habitant ayant guéri du mal qui faisait pourtant des morts parmi les plus fragiles de son lieu-dit. Mais en attendant, la baronne lui devait une réponse quelconque, et il était impensable d’en venir à une isolation totale des villages concernés. Il fallait dépêcher des physiciens de Blackthorne, généralement plus cultivés que ceux qui courraient la campagne, car un travail en commun devrait aboutir à un résultat acceptable et on limiterait les pertes.
Mais la présence du prêtre, en tout cas son échec à gérer la situation, voilà qui était un tout autre souci. Au vu de la situation avec l’Ordre, discréditer le Culte des Douze était extrêmement dommageable à l’assise même du pouvoir de la baronnie. Ce prêtre s’était sans doute un peu trop pris pour un thaumaturge et avait voulu se positionner comme l’homme de la situation, mais sans avoir pris assez de précautions avant d’agir. Il n’avait probablement aucune idée de ce à quoi il faisait face et s’était trouvé incapable de remplir le contrat tacite qu’il s’était fixé avec les petites gens en souffrance.
Du pain béni pour l’Ordre, si d’aventure ses propres agents arrivaient sur les lieux (et ils le feraient sûrement, une fois le pire révolu) et déroulaient leurs balivernes, en insistant bien sur l’impuissance du Culte à sauver les victimes de l’épidémie. Harleen devait donc trouver un moyen de faire agir les physiciens et le Culte ensemble, sans quoi toute une partie de la population agreste serait perdue au profit de l’Ordre, acquise à ses mensonges impies en un claquement de doigts.

Alors qu’elle allait enfin prendre la parole pour annoncer quelle décision serait prise, des bruits sourds se firent entendre à l’extérieur de la salle. D’abord des sons lourds de porte qui se referme maladroitement, puis des voix. Celle d’un garde qu’elle reconnut comme étant Faram, et celle d’une femme… « La » femme. Celle que les chasseurs avaient amenée.

« Je suis Gwyn la Rouge nom d'une pipe et je pourrai être votre mère. Poussez-vous maintenant ou vous allez comprendre d'où me vient mon surnom ! »

Derechef, Harleen se leva, nonobstant l’étonnement manifesté par le paysan qui commençait à se demander si, en plus d’avoir patienté un bon moment debout, il allait en plus se voir congédié sans mot de la fin.

Et comme elle allait ouvrir la porte pour prendre elle-même le relai, elle faillit goûter au bois qui battait l’air juste devant elle au moment où l’elfe parut, titubante, avant de finir dans les bras de son hôte et… à moitié nue, Faram ayant apparemment voulu la retenir de justesse et n’ayant réussi à qu’à faire céder le lacet croisé qui fermait la chemise de patiente qui la couvrait.
Immédiatement, avec un pincement de lèvres et un froncement de sourcils embarrassé, sa sauveuse improvisée saisit vivement le tissu et le serra d’une main forte dans le dos de l’invitée surprise du jour.

« Je suis honorée de vous rencontrer Baronne, salua celle-ci avec une raideur de circonstance, contrastant vivement avec la situation.
- Oui, euh… »

Relevant les yeux, Harleen constata que le temps s’était comme arrêté dans la pièce, depuis Faram rouge de honte qui se tenait droit comme un piquet sur le seuil avec un bout de lacet coincé dans une main, jusqu’aux conseillers dont l’esprit paraissait avoir subitement quitté le corps, en passant par le paysan qui ne retrouvait plus l’usage de ses yeux depuis qu’ils étaient tombés sur un coin de peau dénudée, pas loin des reins de l’elfe. Heureusement, non sans observer comme tout le monde, l’enfant qui grignotait maintenant du pain en mâchant la bouche ouverte relança la machine et la baronne reprit la main sur le déroulement de la scène.

D’un élan de force qu’on lui connaissait bien à la voir manipuler les armes, elle redressa vivement l’éclopée, tout en la maintenant dos contre elle pour garder la robe de convalescence fermée (sans s’en rendre compte, elle le faisait avec un peu trop de zèle, les formes de l’elfe se dévoilant maintenant à travers le vêtement un peu trop ajusté pour d’honnêtes mœurs). Faisant ainsi face à la petite assemblée, elle décréta d’une voix tendue :

« Cette audience est levée. Que ce fermier et l’enfant aient un toit pour la nuit, mais n’aient aucun contact physique avec qui que ce soit d’ici leur sortie de la ville. Je les recevrai à nouveau demain matin à la première heure. »

Et là-dessus, les conseillers se levèrent et le paysan et son petit acolyte furent comme deux ronds de flan, tandis que leur baronne partait d’un bon pas vers l’infirmerie, intimant à l’elfe de faire de même en la poussant gentiment vers la direction souhaitée.

« Je suis vraiment désolé baronne… bredouilla Faram.
- Ce n’est rien. Rends-moi ça, en revanche. »

Et il se débarrassa dans sa main du lacet brisé comme s’il voulait prétendre n’y avoir jamais touché.

○+○+○

Une servante accueillit leur entrée avec un air catastrophé, ayant certainement accouru en entendant les bruits et ayant constaté la disparition de la blessée. Elle aussi se confondit en excuses auprès de sa suzeraine, qui, comme précédemment, n’en fit pas trop de cas. Elle congédia la jeune femme et lui demandant de passer le mot pour rester seule avec l’elfe.

« Bien », soupira-t-elle une fois ceci fait.

Se retournant vers cette dernière, elle la jaugea un instant. C’était à n’en pas douter une femme vigoureuse, et bien qu’elle ne fût pas humaine, il semblait à Harleen qu’elle lui était assez semblable.

« Je suis moi aussi heureuse de vous rencontrer. Les membres de votre peuple foulent très rarement nos terres. »

En vérité, Harleen n’avait même jamais vu d’elfe à Blackthorne, aussi loin que remontent ses souvenirs. Et plus encore, elle n’avait jamais eu l’opportunité d’échanger avec l’un d’eux de toute sa vie, bien qu’elle ait pu en observer de loin à quelques occasions, principalement dans ses voyages sur le front nord de Balaïa.
Malgré la nécessité de rester très prudente au sujet de cette inconnue, qui lui était étrangère tant par son identité que par sa nature et ses motivations, la jeune baronne avait du mal à retenir totalement l’élan d’une curiosité presque enfantine.

« Lorsque vous avez été amenée ici, j’ai eu du mal à croire mes chasseurs qui vous ont récupérée dans la combe de Charras. Vous étiez très proche de la frontière de l’Ouest, vous avez eu de la chance de ne pas tomber sur des guerriers trop méfiants. »

Elle prit place sur une chaise, plongeant son regard dans celui de l’elfe, à l’écoute.

« Qui êtes-vous ? Et quelles étaient vos affaires dans nos montagnes, si près du territoire des ouestriens ? »


 
© charney - #84A079

 

_________________
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They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
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