C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun]
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MessageC'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun] 12/10/2017, 19:53


Yëveth, 366


La douceur du premier mois de Nym ne fit rien pour soulager le coeur meurtri du petit Ren Loukos. Âgé de neuf ans, il venait de fuir le grand Temple de Gresse, laissant derrière lui sa soeur plus jeune de quatre ans. La blessure était encore vive, et ne se refermerait sans doute jamais. Il repenserait à elle avec à chaque fois un mélange de culpabilité et de colère envers l'Ordre, envers lui-même pour avoir manqué de courage et avoir fui en la laissant derrière lui.

Il parcourut les rues , se cachant dans l'ombre ou derrière des caisses ou des tonneaux lorsqu'il voyait passer tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un garde. Il connaissait peu Gresse, n'ayant vécu qu'à l'orphelinat dans l'enceinte du Temple. A ceci s'ajoutait un sens de l'orientation plutôt approximatif, ce qui rendit sa sortie de la ville plutôt ardue. Mais il ne se démonta pas et persévera, porté par l'envie de survivre, de sortir de cette fichue ville et de retrouver la liberté. Après plusieurs longues minutes de marche à travers le dédale des ruelles, il atteignit le mur d'enceinte de la ville. Camouflé derrière une pile de caisse, il aperçut la grande porte richement ornementée de magnifiques statues, signifiant aux voyageurs qu'ils pénétraient dans Gresse, ville de culture connue pour ses artistes, ses mécènes, et son grand festival des Valapiades. Seulement, Ren n'en avait rien à faire de toutes ces simagrées artistiques : pour lui, Gresse représentait l'enfermement, l'oppression de l'Ordre, et la honte d'avoir abandonné sa soeur. Il voulait courir loin, tourner le dos à ces statues prétentieuses qui siégeaient sur la porte de la ville.

Il aperçu un échafaudage contre le mur un peu plus loin, s'y faufila, et l'escalada, remerciant la masse de nuages qui passa à ce moment et voila le brillant de la lune, le rendant moins visible. il redescendit l'installation de l'autre côté et se cacha dans des buissons tout proches. Là, il prit quelques minutes pour se reposer et réflechir. Il dut bien admettre qu'il n'avait qu'une vague idée de ce qu'il avait à faire : s'échapper, c'était certain. Il avait déjà réussi le plus dur. Mais maintenant quoi ? Marcher vers où ? Retourner à Orytte, sa ville de naissance, peut-être ? ... Oui, mais pour y faire quoi ? Il n'y avait plus rien pour lui là-bas... Alors, autant aller dans la direction opposée ! Il prit donc la décision d'ignorer le sud et de prendre plutôt la direction du nord. Il sortit la tête des buissons et regarda aux alentours, se grattant le crâne.

Mais... c'était par où, le nord, en fait ??

Fatigué, et agacé de ne pas connaître les secrets des voyageurs et navigateurs qui savaient se repérer avec les étoiles, le petit Ren bouda un peu dans les fourrés pour finalement en sortir et se diriger vers les étables les plus proches. C'était une sorte de petit relais où les voyageurs pouvaient laisser leurs montures s'ils ne souhaitaient pas les emmener avec eux en ville. L'on pouvait également y boire un verre, manger un repas, et y prendre une chambre miteuse si on était trop radin pour les hôtels et auberges un peu plus cotées dans l'enceinte de Gresse. Le garçon ne pouvait pas se permettre d'y entrer comme un voyageur normal : on lui poserait trop de question, on chercherait à savoir où étaient ses parents... Ren préféra donc loger au relais gratuitement en rentrant dans les écuries et en s'engouffrant dans un tas de foin. L'adrénaline qu'il avait ressenti pendant la course commençait à redescendre, ne laissant derrière elle que la fatigue et la tristesse... A bout de force, il finit par s'endormir.

Il se réveilla au petit matin lorsque le cheval dans le box le plus proche menaça de lui manger les cheveux en même temps que le foin qu'il boulottait à pleine dent. Poussant un petit cri de panique, Ren sortit de la meule à une vitesse telle que le cheval gourmand rua et hennit, très surpris de voir un garçonnet jaillir de son "assiette". Ren gronda l'animal qui n'y entendait rien et sortit de l'étable en époussetant les brins de paille ses vêtements, vexé. Il vit une charrette stationnée non loin et courut vers son propriétaire, un paysan un peu rougeaud à l'air bravache. L'homme s'avéra aussi gentil qu'il en avait l'air et expliqua avec entrain à Ren qu'il se rendait au nord, à Erskan. Comble de l'amabilité, l'homme accepta lorsque le garçon lui demanda s'il pouvait l'accompagner, quelle aubaine ! Le paysan fit un geste vers l'arrière de sa charrette, demandant au petit garçon de ne pas être trop regardant sur l'odeur. Ren ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire, mais tout fut clair lorsqu'il se hissa dans le véhicule. Il n'allait pas voyager seul : à l'arrière se trouvaient déjà trois énormes cochons ! Intimidé, Ren ne tentât pas de les repousser lorsqu'ils le reniflèrent de leurs groins luisants, curieux de ce nouveau passager. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il se tint dans un coin et ne fit rien qui aurait pu offenser les placides porcins.

Le voyage prit quatre longs jours mais se passa sans encombre. Le paysan partagea généreusement son repas avec son passager, tentant d'en savoir plus sur lui, mais le jeune garçon éluda les questions. Ren finit par s'accommoder de l'odeur des cochons, qui de toutes façons n'était pas si entêtante. Après tout, ils voyageaient à ciel ouvert et le fumet était souvent dispersé par le vent. Le sans-gêne de ses compagnons de route était parfois un peu agaçant, tant ils prenaient de la place et écrasaient parfois le pauvre garçon contre les bords de la charrette lorsqu'ils gigotaient trop. Un des porcs fit preuve d'une rudesse insensée lorsqu'il essaya de boulotter la chaussure de Ren, qu'il ne trouva finalement pas à son goût et finit par recracher avant de se retourner en grognant et en présentant son derrière à la queue tirebouchonnée au garçonnet, qui eut une mine de dégoût et décocha un timide coup de pied à l'animal.

Une fois arrivé à Erskan, Ren remercia l'aimable paysan, fit au revoir de la main aux cochons, et se tourna pour faire face à Erskan, la cité fleurie. La vue donna du baume au coeur au jeune aventurier : la ville semblait accueillante, et les nombreuses fleurs qu'on voyait ça et là offraient un véritable feu d'artifice végétal. Il arpenta quelques rues, levant le nez, curieux de tout, découvrant un environnement nouveau où tout semblait tranquille. Mais là encore pointa le nez de l'Ordre et Ren vit ici et là quelques inquisiteurs, ce qui ranima sa colère. Décidément, ils étaient vraiment partout ! Non, il ne resterait pas à Erskan non plus, il fallait partir encore plus au nord ! Il continua d'explorer un peu la ville, restant sur ses gardes. Au travers de la vitrine d'une librairie, il put voir une carte de la cité, qu'il essaya tant bien que mal de mémoriser. Au nord-ouest se trouvaient les jardins du château des Svanjold et la forêt domaniale et, un peu plus loin, une petite coopérative agricole qui s'occupait de l'entretien des champs avoisinant et de la forêt. Très bien, c'est là qu'il irait, et il essayerait de convaincre un autre charretier de l'emmener encore plus loin, en espérant que cette fois-ci le véhicule serait plein de foin ou de légumes, et non pas de cochons !

Malheureusement, Ren se perdit à nouveau et gâcha un temps précieux à essayer tant bien que mal de se rendre aux abords de la résidence du Baron. Son calvaire prit fin lorsqu'il put enfin voir les hauts murs d'enceinte qui séparait la rue des jardins du palais. Ils les longea, pour finalement passer sous une arche et entrer dans la grande forêt domaniale qui semblait ouverte aux visiteurs. Il s'offrit un maigre déjeuner composé de baies qu'il récolta sur quelques buisson, espérant qu'aucun animal sauvage n'aie pissé sur les petits fruits et que, si jamais c'était le cas, l'urine de renard ne s'avérerait pas être un vecteur d'une maladie fulgurante qui lui ferait tomber les dents ou lui ferait pousser des boutons purulents. Vraiment, il y avait mieux à penser qu'une mort étrange par pipi d'animal ! Il secoua la tête, chassant ces pensées qui n'aidaient pas. Il se redressa, bomba le torse, marchant comme un guerrier en essayant de se redonner du courage. Il était un rebelle en fuite, un vrai aventurier, il allait marcher et venir à bout de cette forêt ! Il allait en sortir, rejoindre une route, et voyager comme un homme, un vrai !! Il allait devenir super musclé, le plus fort des plus fort, et il reviendrait à Gresse pour détruire l'Inquisition, retrouver sa soeur, et libérer le peuple du joug de l'Ordre !!!

Voulant renforcer son attitude guerrière, il attrapa une branche d'arbre au sol et l'agita devant lui comme une épée alors qu'il marchait au pas de l'oie, frappant des branchages et des troncs au passage, ponctuant quelques coup par un "Yah !" de barbare Ouestrien. Il porta finalement un coup d'estoc dans un buisson et fut surpris d'entendre cette fois un "Aïe !" en réponse à son "Yaha !!"
Il laissa tomber son bâton et écarta les branches du buisson. Une petite fille toute blonde, qui devait être à peine plus jeune que lui, était cachée parmi les feuillages et le dévisageait d'un air absolument furieux en se frottant la hanche, que le jeune Ren devait avoir touchée de son arme improvisée.

- "... Ben mince alors ! Ca va ?" Demanda-t-il à la pauvre gamine.

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MessageRe: C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun] 13/10/2017, 00:57

Punie encore une fois! Alors que dehors le soleil brillait haut et fort. Alors qu’à l’extérieur des murs, on pouvait respirer l’air frais et s’amuser. Du mauvais côté de la fenêtre, dans la salle de repos des dames, il y avait une petite fille blonde qui enrageait, et qui dans son ennui, pincait furieusement les cordes d’une harpe qu’elle tenait juste devant elle. La mélodie stridente attisée par l’hostilité dissimulée à grand peine de la petite, devenait insupportable entre ses doigts maladroits, et cela faisait grincer des dents son professeur de musique.
Dans une satisfaction méchante, la gamine accentuait son effet sur la corde tendue dans l’espoir que l’homme renonce. Ce qui ne marchait pas tellement. Frustrée, lassée, fatiguée et le bout de ses petits doigts douloureux, elle finit par rendre la première les armes. Sur son visage, une expression plus que dépitée. De toute évidence, elle ne pourrait pas s’en aller avant la fin de la lecon, et cela la fit soupirer plus que de raison.
Shara Svanjold n’avait pas envie de se trouver ici et elle le faisait savoir. De quoi s’attirer des regards blasés de son professeur. D’autres plus courroucés de sa petite sœur, qui se tenait près d’elle dans une attitude tellement sage que la jeune demoiselle aurait pu affirmer qu’elle s’était transformée en statue. Ca la faisait rager de la voir ainsi. Elle qui peinait à se tenir tranquille, elle qui n’en pouvait plus d’être assise. Elle ne supportait plus cette punition, infligée parce qu’elle avait voulu s’échapper de la maison, et qu’elle s’était faite prendre. Ce n’était pas la première fois, et elle s’en voulait d’avoir refait les mêmes erreurs, et d’être plus faible que tous ces adultes. La punition donnée, une lecon de musique, pouvait sembler ridicule, mais il n’avait pas fallu longtemps à ses parents pour découvrir que les punitions classiques ne marchaient pas avec elle. Et qu’au contraire, l’obligation de participer à des activités dites de filles se révelait être terrible pour la demoiselle.
Celle qu’on surnommait le canard noir avait besoin de liberté, et étouffait dans cette ambiance. Le point de croix et la musique n’étaient pas pour elle. Elle préférait les espaces ouverts aux salles de sa maison, l’odeur de l’écurie, le bruit des épées qui s’entrechoquaient, et celui des sabots des chevaux sur le sol. Elle voulait suivre son frère et non rester avec sa sœur.
Du haut de ses sept ans, elle trouvait le temps bien long chez elle.
Alors la punition à peine levée, elle courut dehors pour refaire des bêtises, avec la ferme intention de recommencer à braver l’interdit dès le soir tombé. Le repas fut le seul moment où elle retrouva les siens, le regard austère de ses parents qui ne voyaient pas dans le regard de leur fille ce qu’ils attendaient, son frère qui ne semblait pas la soutenir, et encore sa sœur qui ne faisait que lui rappeler oh combien elle n’était pas une bonne enfant.
Envoyée dans sa chambre, elle fit mime de se mettre au lit, mais garda ses vêtements. Rien de tel que des robes et autres vêtements encombrants juste faits pour les filles, elle avait revêtu une tenue plus garconne. En vérité elle ressemblait à un garcon d’écurie, et seule sa chevelure blonde rappelait son origine de fille de bonne famille. Puis lorsque le silence se fit sur la maison des Svanjold, elle se glissa doucement hors du lit, et enfila une cape, sous laquelle elle dissimula sa petite épée. Elle sortit ensuite de la chambre et se faufila dans les couloirs, évitant à dessein les postes des gardes. A pas de loups, légère, rusée, la gamine fila au nez et à la barbe de tout le monde, et s’échappa direction la forêt, le repaire complice de ses escapades. Les arbres étaient ses amis, leurs branches et leurs feuilles la protégeaient du regard des adultes, et elle pouvait courir entre eux, vers de nouvelles aventures.
Cette fois-ci l’escapade dura peu.
Le bruit de quelqu’un sur sa route la fit stopper soudain et elle plongea dans un fourré épais, persuadée que la personne en question était à sa recherche.
Elle y resta un moment sans presque respirer, pour éviter de faire le moindre bruit, tandis que la personne se rapprochait.
Silence…
« AIE. »
Quelque chose venait de la frapper sans crier gare et l’avait atteint à la hanche, tandis que ses yeux écarquillés devinaient la silhouette d’un enfant à travers le feuillage. Elle en sortit aussitôt, piquée au vif et la hanche douloureuse, mais trop fière pour pleurer, elle se contenta de montrer une expression furieuse.
« A ton avis idiot ! »
Elle était plus petite que lui, mais visiblement plus teigneuse, et elle se porta vite à sa hauteur. Le défiant du regard, elle le détailla en même temps. Il était jeune, sans doute plus ou moins son âge, et il était habillé de bien mauvaise facon. De toute évidence un vagabond qui n’avait pas pris de bain depuis longtemps, aussi sale que malodorant. Quelle horrible odeur d’ailleurs ! S’était-il roulé dans une porcherie ? Cela ne l’empêcha pas de poser ses mains sur lui pour mieux le pousser, avec une force plutôt inespérée pour une fillette de sept ans, décuplée par la colère. Comment avait-il osé, lui le péquenaud aux effluves fétides, la frapper elle, fille des barons Svanjold ?
Puis elle se rappela qu’elle n’était pas chez elle, ou du moins pas dans la sécurité de sa grande maison, et qu’elle était habillée comme un garcon, et non comme une demoiselle. Qu’elle n’était pas censée être là. Mais le garcon en face d’elle ne semblait pas particulièrement menacant, et elle était armée. Elle saurait se défendre.
Indécise quant à la suite, elle fit un pas en arrière.
Elle ne voulait pas annoncer tout de suite qui elle était, ni lancer des hostilités qui pouvaient lui retomber dessus. Alors elle se contenta de garder son air irrité, avant de finalement hausser les épaules.
« Qu’est-ce que ca peut te faire en plus ? »
L’égo gonflé à bloc d’une gamine qui ne supportait plus qu’on la traite comme une demoiselle fragile.
« Comment est-ce que tu t’appelles ? »
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MessageRe: C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun] 13/10/2017, 16:46


Une petite furie à tête blonde s'était extirpée des buissons. Elle était tout bonnement adorable, mais Ren en était encore à l'âge où il considérait les filles comme des enquiquineuses pleines de morve et qui passait leur temps à pleurer ou à calligraphier des coeurs et des fleurs. Si seulement il avait su que, quelques années plus tard, il serait de ceux qui ploient devant le sourire désarmant d'une demoiselle, de ceux qui affronteraient dix hommes pour les faveurs d'une Dame ! Oui, si on avait dit maintenant au petit Ren qu'il se damnerait plus tard pour la gent féminine, pour sûr, il aurait vomi ! Beurk, les filles...

En plus, celle là était bizarrement fagotée : elle avait une peau parfaite, des cheveux bien propres et bien coiffés, aucune trace de saleté et elle sentait même les fleurs d'Erskan. Elle n'avait pourtant pas l'allure qu'avaient les petites demoiselles proprettes, et arborait plutôt des vêtements de garçon qui lui donnaient des airs de commis de cuisine. Plus petite que lui, elle essayait pourtant d'enfler comme un crapaud buffle pour imposer sa présence et montrer à son agresseur au bâton qu'elle ne le craignait pas. En tant que fils de tanneur, Ren fut souvent amené à voir ses parents discuter toujours cordialement avec divers clients et acheteurs. Chez les Loukos, on apprenait tôt la politesse, car elle ouvrait des portes quand la rudesse en fermait. Interloqué mais souhaitant se montrer poli et respectueux, Ren voulut répondre une excuse mais en eut à peine le temps : elle le poussa juste après l'avoir traité d'idiot ! Le garçon ne s'y attendait pas et, surpris par la bourrade soudaine et par la force inattendue du petit bout de fille, fit quelque pas en arrière et faillit trébucher pour aterrir sur les fesses. Heureusement pour son honneur d' "homme", il s'aida de son bâton pour ne pas perdre l'équilibre.
En voilà des manières ! Tiens, elle pouvait se brosser pour qu'il s'excuse, maintenant !

Ce fut à son tour de se redresser et de bomber le torse, entrant dans la parade de défi que la gamine avait commencée. Elle recula d'un pas, semblant se calmer malgré l'air agacé qu'elle garda tout en lui demandant :
- "Qu’est-ce que ca peut te faire en plus ?
- Ben rien, du coup, je m'en fiche !" Répondit Ren, insolent et ne sachant pas qu'il s'adressait à une noble. La fille ne se démonta pas et continua son interrogatoire, comme si Ren se trouvait sur ses terres... Ce qui etait le cas, en plus !

- "Comment est-ce que tu t’appelles ?
- Ren !" Répondit-il fièrement avant de se dégonfler un peu. Son esprit de petit aventurier le rappela à l'ordre, dramatisant la situation alors que ce n'était pas nécessaire. Idiot ! Triple buse ! Il était en fuite, il fallait donner un faux nom, tous les grands voyageurs gardait l'anonymat lorsque leur vie était menacée !
"... Ard ! Renard ! J'suis un aventurier solitaire super fort ! Et toi, comment tu t'appelles, d'abord ?" Ajouta-t-il après une seconde de réflexion. Il se félicita intérieurement d'avoir si bien rattrapé le coup. Son nez se plissa un peu. Afin de bien gonfler le torse, il prenait de grandes inspirations par les narines depuis quelques secondes, et cela lui rappela durement qu'il sentait comme un troupeau de cochon. Oui, il n'était pas beau a voir non plus, avec ses vêtements crasseux, ses genoux pleins de plaies et de croûtes, sa chaussure mâchonnée et ses cheveux en bataille ! Mais qu'importe, il s'en fichait. Il était un fugitif, et il n'allait pas se laisser impressionner par une fillette en pantalon ! Ça non !


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MessageRe: C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun] 14/10/2017, 13:24

Mais quel mufle ce garçon ! Sa façon de lui répondre l’avait laissée interloquée un  bref instant. D’où sortait cette insolence ? On ne lui avait jamais parlé ainsi, elle qui était de sang noble. Même les domestiques chargés de la gronder le faisaient de façon courtoise. Alors elle écarquilla les yeux, presque vexée à son tour, avant que la réalité ne la rattrape, ou du moins qu’elle ne commence à se rendre compte d’une chose qui irait en s’affirmant avec le temps :
La réaction du garçon avait quelque chose de rafraîchissant.
Elle qui ne voulait pas être considérée comme une demoiselle, et qui ne voulait surtout pas être une fleur délicate que l’on entourait de trop gentilles attentions, se délectait soudain de cette discussion. Elle avait déjà entendu les gardes de la maison, alors qu’ils pensaient être seuls, parler leur langage grossier, et de rares fois les hommes dans les tavernes,  quand elle avait réussi à s’échapper, ou bien encore dans les rues d’Erksan. Fascinée par les rudes paroles, la petite s’était sentie transportée dans un nouveau monde, bien loin du sien, tellement rythmé par le protocole et les bonnes manières.
A cela s’ajoutait qu’elle n’avait pas vraiment fréquenté de gamins de son âge, à l’exception de son frère et de sa sœur. L’un la fuyait, l’autre lui était inintéressante. Le reste du temps, il n’y avait que des adultes autour d’elle, des grandes personnes qui lui disaient quoi faire, comment parler, et comment se comporter. Alors ce garçon lui offrait une possibilité qu’elle n’avait jamais eue : être à son tour une enfant normale.
Elle ne s’en priva pas, trouvant dans cet échange un jeu qui lui plaisait. De façon inconsciente, elle s’y jeta sans retenue, avec toute l’impulsivité et la naïveté des gamins. Il venait de dire qu’il était un aventurier très fort, et si c’était très dur à croire en le voyant, elle ne put s’empêcher d’être soudain très intéressée par ce qu’il venait de dire. Un aventurier vraiment ?
Elle posa les mains sur ses hanches et le regarda d’un air dubitatif.
« Renard ? Mais….ce n’est pas un nom ! »
Peut-être pas si naïve que cela après tout, même si elle ne savait pas très bien ce qu’elle devait en déduire. C’était un nom étrange. Les renards étaient des animaux, elle le savait très bien, en aucun cas ce n’était des petits garçons ! Tâtonnante mais intriguée, elle était partagée entre l’envie de lui rire au nez et celle d’en savoir plus, elle le toisa d’un air méfiant, mais néanmoins curieux.
« Tu es un menteur », l’accusa-t-elle pour le provoquer. « Les aventuriers sont grands, et pas toi. Tu n’es pas fort. Et en plus tu n’as même pas de cheval ! »
Tous les aventuriers étaient sur de valeureux chevaux qui leur obéissaient au doigt et à l’oeil, c’était bien connu ! Elle l’avait entendu dans tous les récits des adultes. Ils avaient besoin de leur monture pour galoper plus vite et pour faire face au danger. Ce garçon lui racontait des salades.
« Je m’appelle Shara et moi j’en ai un de cheval ! »
Elle avait dit ça, la voix haute et forte, fière comme un paon. Voilà de quoi couper la chiche à ce dadais tiens ! Elle ne voulait pas être méchante, elle voulait monter qu’elle aussi valait. En plus ce n’était qu’une demi-vérité. Elle montait bien un cheval, mais celui qu’on lui donnait était un palefroi très tranquille. Une excellente bête au demeurant mais rien qui ne puisse trouver sa place dans un récit d’aventures. Mais tout cela, Renard n’était pas obligé de le savoir.
Elle réalisa alors qu’elle venait de donner son nom. Une erreur sans doute. Elle plissa les lèvres dans une moue ennuyée, et espéra qu’il ne le remarque pas.
Elle le toisait encore, et malgré ses mots, n’était pas totalement convaincue qu’il lui avait menti. Après tout il était seul et il pouvait se promener visiblement sans que personne ne l’oblige à faire le contraire. Et s’il était sale parce qu’il revenait d’une aventure ? Bien décidée à en savoir plus, elle le fixa d’un œil défiant. Parole de guerrière en devenir – elle ne voulait rien faire d’autre -, elle allait découvrir qui il était.
« Si tu es un aventurier alors prouve-le ! »
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MessageRe: C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun] Hier à 22:53


"Renard ? Mais….ce n’est pas un nom !" Avait-elle répondu, interloquée.
"Ben non, patate, c'est un seumonyme !" Enchaina Ren, pour qui la prononciation correcte de "pseudonyme" n'était pas encore acquise. "C'est parce que je suis le plus malin. Et je dois pas donner mon vrai nom, parce que je suis recherché !"
Rien que de le dire, ça en jetait ! Il eut un frisson d'excitation et ne put s'empêcher d'afficher un sourire fier. Cet échange l'aidait à voir les choses sous un angle nouveau. Depuis sa fuite, il avait été si seul, sans personne à qui parler. Et maintenant qu'il pouvait échanger avec quelqu'un, d'à peu près son age de surcroît, et qui ne représentait pas une menace, ça lui faisait du bien de pouvoir peindre une version romancée de lui. Il n'était plus un petit orphelin lâche qui avait fui en laissant sa soeur. Il était un héros en devenir qui bravait le danger, avec une religion puissante à ses trousses, et qui aurait un jour sa vengeance.
Il avait remarqué que la fillette parlait mieux que lui, plus posément, en articulant clairement quand lui abreviait et mâchait un peu ses mots. Cela lui parut un peu étrange qu'une petite garçonne habillée comme un commis de boucher ait un tel parler... Peut-être bien que les commerçant d'Erskan mettait un point d'honneur à donner des cours de diction à leurs enfants ?

La répartie de la gamine fusa : elle le traita de menteur, ce qui vexa Ren même si c'était vrai ! Elle souligna ensuite très justement l'absence de cheval de l'aventurier qui n'en n'était pas un. Touché ! Elle marquait un point. Lui aussi avait été élevé aux contes et aux belles histoires racontées par sa mère, et les aventuriers avaient bien souvent des chevaux, c'était logique... Il se creusa la tête, les rouages de son cerveau se mettant en branle pour essayer de trouver une excuse plausible.
"J'ai... J'ai donné mon cheval à une famille de paysans dans le besoin ! Voilà ! J'ai des bons pieds, de toutes manières, je m'en fiche bien de pas avoir de canasson. Alors, comment tu t'appelles ?" Redemanda-t-il, tentant de dévier la conversation.
"Je m’appelle Shara et moi j’en ai un de cheval !" Lui répondit-elle, levant le nez et parlant fort. Ouh, comme elle était fierotte ! Et comme c'était agaçant, tant de prétention qui émanait d'un si petit bout ! Mais cela renforça les légers soupçons de Ren : comment cela se faisait-il qu'elle avait un cheval ? Il y avait quelque chose de pas net... Et si, tout comme lui se faisait passer pour plus noble qu'il était, elle-même se faisait passer pour plus roturière qu'elle était ? Mais pourquoi ?
Ah, peu importait : par une phrase le mettant au défi, elle venait de mettre son honneur en jeu ! Un peu, qu'il allait prouver qu'il était un brave, vrai de vrai !
"Ouais ? Ben, tu vas voir ! On va partir à l'aventure, Shara, ici et maintenant !" Claironna-t-il, accompagnant ses mots par de grands gestes. "On va explorer la forêt, chercher un trésor, faire un feu de camp, et chasser une bête dangereuse, et tu verras bien que je suis vraiment fort et courageux ! Là !"

Sans plus de cérémonie, il eut un réflexe qu'il avait souvent eu avec sa soeur lorsqu'il voulait qu'elle la suive : il prit la main de Shara et l'entraîna dans son sillage d'un pas décidé. Se rendant compte de son geste quelques secondes après, il lâcha la main de sa nouvelle comparse d'aventure et fit une moue de dégoût. Il serra les poings et reprit le pas, sans se départir de sa marche quasi militaire. Il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il faisait, mais il avait quelque chose à prouver. Il fallait donc trouver un trésor dans cette forêt, et combattre un danger quel qu'il soit... Bah, peu importe, il improviserait ! Bravant l'obscurité, il s'enfonça un peu plus dans la forêt, essayant de prouver à Shara qu'il n'avait peur de rien et qu'il était le plus débrouillard. Se servant de ses maigres connaissances sur le sujet, il étala sa science tout en essayant de paraître sûr de lui :
"Déjà, pour chercher un trésor, il nous faudrait une carte, mais on en a pas. Donc à la place, il faut regarder la terre : si elle a l'air bizarre et fraîche et tout, ça veut dire qu'un bonhomme a creusé y a pas longtemps, et que p't'être qu'il a enterré un coffre plein de pièce !" Il joignit le geste à la parole et ses yeux scrutèrent la terre alors qu'il marchait. Après quelques pas, il finit par s'exclamer : "Tiens ! Là ! Regarde !"
Il trotta vers quelques mottes de terres qui semblaient avoir été retournées. il s'agenouilla et commença à creuser à l'aide de ses mains avant de s'arrêter net et de pousser un juron. Oui, la terre avait bien subi quelques retournements, mais il devina que le coupable était sans doute un sanglier qui avait dû fourrager à la recherche de racines ou d'insectes. La preuve était là et parlait d'elle même : il avait mis la main dans une crotte de sanglier ! Comme s'il ne sentait déjà pas comme un cochon, il fallait ajouter à ça l'odeur de leur cousin plus sauvage !
"Oui, bon ! Euh !" Bredouilla-t-il, rougissant un peu sous le coup de la honte. Ah vraiment, quel héros il faisait, à vouloir déterrer des trésors pour finalement farfouiller dans les déjections. "C'était un exemple. Mais être aventurier, c'est aussi ça : prendre des risques et pas avoir peur de se salir." Ajouta le garçon, sibyllin, prenant une voix de professeur et essayant d'avoir l'air d'un sage qui connaissait tout la vie.

Il s'agenouilla près d'une flaque d'eau un peu croupie et lava sa paluche souillée. Mine de rien, il se débrouillait avec les moyens du bord et faisait contre mauvaise fortune bon coeur : lorsqu'il se releva, son sourire fier et conquérant était revenu, et il se mit à marcher à nouveau. Puisque la chasse au trésor avait échoué (pour le moment), peut-être que la traque au monstre s'avèrerait plus fructueuse ?

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C'est celui qui dit qui l'est ! [Shara Morghun]
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