(m) Rorkan Erenys ft. Zach McGowan, fils de l'Ombrenuit
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▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
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Message(m) Rorkan Erenys ft. Zach McGowan, fils de l'Ombrenuit 22/2/2017, 23:09

ᚕ Rorkan Erenys
Nom et prénom : Rorkan Erenys Âge : entre 30 et 40 ans. Race : Humain. Contrée de naissance : au choix. Statut social : il ne se connait pas d’héritage et est sans revenus, mais il s’en tire très bien. Statut civil : célibataire. Orientation sexuelle : au choix (bisexuel ou hétérosexuel). Métier/Fonction : fils de l'Ombrenuit, il a effectué divers métiers temporaires dans sa vie pour les besoins de son œuvre. L'Ombrenuit (avec une majuscule) est une "branche dissidente" des Dagues d'Ombrelune, qui a choisi de s'en désolidariser pour entretenir les usages délaissés de la guilde, laquelle se concentre davantage sur l'aspect mercantile de ses activités. Il s'agit plus exactement d'une secte d'assassins fanatiques, vénérant la Mort et les ténèbres, probablement associée à des mages délétères. On fait appel à eux lorsqu'on est sans argent (la secte vit d'autres échanges), ou par préférence pour leurs méthodes. Allégeance : Renégat. Groupe : The Hope. Célébrité : Zach McGowan.
Caractère :


     


Mot du créateur

LES TRUCS À NÉGOCIER
ET L’ÉVOLUTION DU LIEN


Oi oi ! Merci de t’intéresser au scénario. ♥

Je vais passer assez vite sur les points à gauche pour que tu saches quelle marge tu as à ce niveau.

Nom et prénom négociables. Je ne les ai pas utilisés pour le moment.
Âge relativement libre, tu l’auras remarqué. Je pense que la fourchette est assez large. Wink
Race relativement négociable. En fait je ne voulais pas indiquer qu’il était elfe parce que j’ai eu de mauvaises expériences et laissant trop de liberté à ceux-ci : on m’en a fait des vieux gros bills ou des Marty Sue. Mais je suis quand même ouverte à une bonne fiche présentant un elfe. D’ailleurs le personnage peut complètement être humain et mage, aussi, même si ce n’est pas spécifié. Là encore, j’aimerais que ce ne soit pas un gros bill question magie, parce que ses compétences d’assassin sont déjà très remarquables (vu qu’il a été entraîné par une secte plutôt hardcore)… En tout cas, si c’est un elfe, il faudra probablement revoir un peu le début de l’histoire.
Contrée de naissance : là c’est vraiment à toi de voir. Je ne le vois pas ouestrien, mais c’est tout.
Les statuts social et civil ne bougent pas.
Son métier non plus. PAR CONTRE, et j'insiste sur ce point : la secte de l'Ombrenuit a été en quelque sorte créée, avec l'accord du staff, en raison de l'existence de ce scénario. Il sera bon, je pense, que l'on échange à son propos lors de la confection de ta fiche (ou même avant si tu le souhaites), et je t'invite donc à m'envoyer un MP dès que l'usage en sera bienvenu. ♥
L’orientation sexuelle est grossièrement esquissée mais tout ce que je souhaite, c’est qu’il aime au moins les femmes. Ce n'est pas LA préoccupation de sa vie de toute façon.
Quant à l’allégeance et au groupe, ils sont négociables, quoique je ne puisse pas décider si tu peux le mettre dans un autre groupe (The Hope est généralement celui des guildeux, cela dit personnellement j’aurais pu le voir dans The Faith par exemple).
L’avatar, enfin, est négociable mais je voudrais vraiment quelqu'un avec une gueule atypique et un air sauvage : ce sont les photos et les gifs de l’acteur qui m’ont inspiré le personnage, du coup je peux être un peu difficile à convaincre. Toutefois, je ferai facilement cette concession sur une fiche qui me plait beaucoup (la qualité du jeu prime sur la tronche du perso).

Voilà pour les petits détails !
Ensuite concernant l’histoire, je n’ai indiqué que ce qui me semblait difficilement amovible. S’il y a des choses qui te paraissent obscures, je suis là pour t’aider à trouver ton confort, et si tu souhaites faire des ajustements, on pourra également en discuter.

Parlons maintenant évolution du lien. :hehe:

Rorkan a donc été envoyé pour assassiner Harleen. Le commanditaire peut-être n’importe qui, pour l’instant les possibilités sont larges (l’Ordre des Inquisiteurs en tête, mais on peut supposer qu’ils n’iraient pas jusqu’à faire appel à un corps aussi impie que l'Ombrenuit ; ils peuvent donc avoir discuté du problème avec certains de leurs alliés comme les Svanjold ou les Hardorn, qui en toute logique seraient heureux de voir tomber l’un des soutiens forts de la reine Élise, tout ça en faisant appel à une secte qui demande autre chose que de l'argent et donc en contournant le risque de laisser des traces trop visibles).
Quoi qu’il en soit, Rorkan n’aura jamais rencontré le client, puisque son ordre lui a été donné par sa hiérarchie. Son acte est dicté par sa loyauté envers l'Ombrenuit. Pourtant, il ne le commettra pas.

Pourquoi ? Eh bien c’est là que ça va dépendre en partie de toi.
Personnellement j’avais en tête que son rapprochement stratégique avec Harleen mette à mal sa volonté de la tuer.

Elle verra en lui un homme aussi séduisant qu’intelligent, tout à fait éligible comme consort. D’autant plus que le favori à cette place est pour l’instant Fendar, certes son amant mais un fervent adepte d’une vision ultra patriarcale du pouvoir et de l’ordre en général, mentalité qu’elle ne supporte pas. Elle redoute d’être obligée de l’épouser.
Alors je sais, c’est cliché, mais si les choses se passent bien en RP, je la vois tout à fait tomber amoureuse de Rorkan. Peut-être parce qu’elle se persuaderait un peu trop qu’il est son champion et son rempart contre Fendar, peut-être parce que ça marcherait vraiment bien entre les deux IRP, peut-être les deux ou pour une autre raison…

Lui par contre, je n’ai pas vraiment envie de dicter ses sentiments vis-à-vis d’elle (d’ailleurs, qu’il en ait ou pas, il peut très bien décliner une position d’amant – par prudence à l’égard de Fendar par exemple – pour lui préférer celle d’un confident). Car n’oublions pas que l'Ombrenuit est une secte qui entretient les vieux us des Dagues d'Ombrelune, mais n'en diffère pas vraiment en ce qui concerne son exigence à l'égard du physique et du mental de ses agents. Pour être un bon fils ou une bonne fille de l'Ombrenuit, on passe par un bourrage de crâne tout aussi conséquent que la préparation physique de rigueur, sans parler de la drogue rituellement administrée aux assassins. Ils sont avant tout des machines à tuer, qui plus est capables d’endosser n’importe quel rôle et donc n’importe quelle identité. Il est tout à fait possible que ces traitements aient rendu Rorkan en quelque sorte « nébuleux » pour lui-même, qu’il ne sache pas réellement qui il est en tant qu’individu. C’est, personnellement, ce que je verrais parfaitement comme sa quête personnelle, si d’aventure il sortait du chemin linéaire dessiné par sa secte, et tentait en quelque sorte de comprendre réellement d’où il vient et quel est son véritable destin. Un parcours existentiel, en somme.

Parcours qui pourrait être initié justement par cette relation avec Harleen. Bien que complètement intéressée au début, elle pourrait évoluer en ce sens que les seules personnes dont il se sent semblable sont des assassins qu’il connait encore moins que lui-même, ou plutôt comme s’ils étaient tous pareils (sans détails personnels qui engendrent quoi que ce soit de positif ou de négatif). Harleen est elle aussi en quête d’elle-même, pour d’autres raisons, et en faisant d’abord semblant d’être une oreille attentive pour se rapprocher de sa cible, il pourrait se sentir de plus en plus concerné par ces questions qui font écho en lui.

Voilà, c’est une ébauche et bien entendu, il est possible d’en discuter avant ton inscription.
Note que ça te laisse déjà une bonne marge de temps pour profiter de l’aspect purement « assassin » de Rorkan, qui n’est contraint par aucune limite de temps pour cette mission. L’important pour l'Ombrenuit et ses clients étant qu’il l’accomplisse (même si on peut prévoir que ces derniers se montrent impatients suivant de qui il s’agit), il est libre de choisir le moment le plus opportun.
Ainsi, si tu souhaites le jouer un moment avant la remise en question proposée plus haut, et hors cadre de ce lien, tu en auras tout à fait l’occasion. Wink Je ne suis pas une joueuse castratrice ! haha

Merci beaucoup, quoi qu’il arrive, d’avoir pris le temps de me lire. Sache que j’attends impatiemment de planter mes crocs dans cette magnifique ceinture abdominale, que ce soit par jeu… ou pour l’éventrer.



Histoire

C’était lors d’une grise et morne saison, sur les terres d’un petit noble, dans la campagne balaïenne. Celui dont est narrée l’histoire tentait d’y vivre du travail de la terre, ou peut-être était-ce du minerai extrait des profondeurs de la roche à la sueur de son jeune front. Ces années sont depuis longtemps devenues un murmure lointain, usé par le chagrin comme les pages d’un volume à l’encre presque effacée.
Son père devait de l’argent. Une somme telle, qu’une seule vie de travail ne suffirait probablement pas à la rembourser. Mais il avait des principes, et lorsque son fils vola pour la première fois, il le corrigea si durement que son épouse en pleura. L’enfant était encore jeune, il ne voulait qu’aider… Mais s’il ne comprenait pas immédiatement son erreur, la mauvaise graine risquait de prendre racine en lui, et alors le paternel ne pourrait plus le considérer comme sien, tant il avait la malhonnêteté en horreur.
Les créanciers revinrent, avec à leur tête le chef de la noble maison qui avait prêté l’argent. Cette fois c’était terminé, il n’y aurait plus de retour les mains vides. Pas d’argent ? Tant pis, prenons les vivres. Toujours pas la semaine suivante ? Prenons les meubles. Et pour la troisième fois ? Le père se jeta à genoux devant le seigneur des lieux. Par la faim, sa femme qui se privait de tout pour ses deux enfants était tombée malade, son aîné était si rachitique qu’il ne pouvait pratiquement pas travailler, et si sa petite fille était encore en forme, elle allait probablement prendre le même chemin que sa mère si rien ne changeait.

« Alors dis-moi, pauvre homme, comment puis-je te soulager ? »

Le ton était presque miséricordieux. Le père n’y croyait pas trop, mais il demanda quand même que sa dette soit épongée, au moins en partie, afin qu’il puisse rebondir et être ensuite un sujet modèle. Il était prêt à tout, et pour illustrer son propos, ôta même sa chemise et les vagues pièces de cuir qui lui tenaient lieu de sandales, pour les déposer aux pieds du cheval de son maître.

« Mais je n’ai que faire de cela. Tes promesses ne valent plus rien, et tu sais bien que je ne peux pas donner de traitement de faveur à des parias. Plus personne ne veut de toi ici. Toutefois… avant de prendre ta maison et ton terrain, je peux faire une dernière chose pour toi. »

Il ordonna à ses gardes de pénétrer dans la maison et d’aller chercher la fille du pauvre hère. Celui-ci voulut protester mais les hommes en armes n’eurent aucun mal à se débarrasser de lui, ni même de son fils.

« Une bouche de moins à nourrir, voilà mon cadeau. »

Et tous s’en allèrent, laissant ce qu’il restait de la famille avec pour seule possession, un avis d’expulsion cloué sur leur porte. Réduits à la pure mendicité, ni père, ni mère, ni fils ne purent obtenir d’information sur ce qu’était devenue la petite. C’était peine perdue. La mère exhala ses dernières forces dans le chagrin, et en murmurant le prénom de sa fille, elle mourut.
Cette nuit-là, le fils, submergé par la haine et le désir de vengeance, parvint à se faufiler dans la demeure du maître. Il n’y trouva pas sa sœur, mais un autre enfant, bien plus jeune, paisiblement endormi dans son berceau.
Son souvenir imprécis lui fait croire qu’il entendit alors un chuchotement dans les ténèbres, tout près de son oreille, avec le sentiment que c’était sa mère qui lui parlait en un langage imprononçable. Il leva alors au-dessus du bébé ses deux mains jointes sur son crochet de serrure, et frappa, frappa, frappa, frappa…
Le sang perlait tout autour du petit corps qui ne se réveillerait plus.

Il ne sait comment il est reparti sans être démasqué, mais ce dont il est sûr, c’est qu’il s’endormit dans les égouts. Car il fut réveillé par une silhouette sombre, encapuchonnée – peut-être était-ce la même nuit, ou une autre – qui lui parla comme un parent. L’ombre l’invita à se rendre à un endroit abandonné dans la lande, sans dire adieu à son père. Ne possédant rien, il s’y rendit, et c’est ainsi que débuta sa seconde vie.

Chaque matin il s’éveillait dans une cellule, et c’est au cœur de la terre que chaque jour il devait gagner sa pitance en relevant des défis toujours plus difficiles, qui le menaient au bout de sa consistance physique et parfois même, de sa force mentale. Mais chaque fois revenait l’ombre, veillant sur lui, le réconfortant, et lui promettant qu’il n’aurait plus jamais ni faim, ni soif, ni besoin d’argent. Et chaque nuit, elle lui donnait une fiole, remplie d’une eau noire qu’elle appelait « ombrenuit ». Sans cet ichor, le sommeil du jeune homme était peuplé de cauchemars, et avec lui, il se sentait serein, comme extrait de son propre corps, délaissant l’enveloppe mortelle pour s’unir à quelque chose d’éternel, et si grand que cela échappait à l’entendement des vivants. Au fil des ans, l’ombrenuit lui devint indispensable, pas tant parce que son corps en réclamait, mais parce qu’il était malheureux sans la promesse de cet état merveilleux une fois passé le martyr de ses journées d’épreuves. Finalement, elle se substituait à son envie de revoir le soleil, qu’il n’apercevait presque jamais, ou de ressentir la caresse du vent, d’entendre la vie suivre son cours au-delà des souterrains où l’ombre encapée forgeait son corps et son esprit. Même ses souvenirs, progressivement, disparaissaient sans qu’il s’en soucie, car rien n’avait jamais été aussi réconfortant que cette sensation de rentrer à la maison, lorsque l’ombrenuit ruisselait sur sa langue et lui ouvrait les bras.

Il ne se sentit pas vraiment grandir. Il ne savait pas quel jour, quel mois ni quel année il vivait, jusqu’à ce que l’ombre lui annonce qu’il était temps d’entrer dans le « cercle ». Il ignorait ce que c’était, mais le sut très bientôt, puisqu’il découvrir qu’il n’était pas seul dans le royaume des ténèbres. L’ombre l’avait transporté dans d’autres souterrains qu’il ne connaissait pas, et où il rencontra pour la première fois des hommes et des femmes de tous âges qui, comme lui, s’étaient abandonnés à l’ombrenuit.
Il se rendit alors compte qu’il n’avait pas de nom. Ses parents lui en avaient peut-être donné un, mais il n’en avait aucun souvenir. Et personne autour de lui n’avait de nom. On savait toujours quand quelqu’un s’adressait à soi, car le silence était une habitude parmi la petite communauté, sauf pour des conversations autour du véritable objet de leur présence en ces lieux : accomplir la volonté divine dont l’ombre se faisait la voix, en étant sa lame. Un fils d’Ombrenuit.
Le jeune homme fut bientôt introduit à cette notion en effectuant son premier assassinat. L’ombre lui confia qu’un homme avait demandé la mort de l’amant de son épouse. Il n’avait pas précisé vouloir masquer les traces, alors ce serait simple : la nuit suivante, l’assassin se rendrait au lieu indiqué, approcherait sa victime, mettrait discrètement fin à ses jours de la manière qu’il souhaitait, et reviendrait au dôme (le nom donné au quartier général).
Mais parfois, le client donnait des indications précises sur la manière de tuer. Il exigeait l’usage d’une arme particulière ou d’un poison, ou bien il commandait une mise en scène. Parfois, les assassinats requéraient que leur auteur redouble d’excellence, et prenaient l’aspect de véritables voyages ou missions pouvant se dérouler sur des mois, voire des années.

Certains moururent en accomplissant le verbe de l’ombre. Mais jamais les enfants de l'Ombrenuit ne pouvaient faillir à leur serment, sans quoi l’ombre venait prendre leur vie.

Les adeptes ne se côtoyaient finalement pas très régulièrement, sauf pour les nuits saintes. Des occurrences régulières, où l’ombre leur rappelait leur appartenance au culte, ce qui les liait autour d’elle, et renouvelait cet attachement qu’ils partageaient tous envers les ténèbres par le don d’un nectar précieux : le « sang de nuit ». Le contenu étrange de cette fiole, un liquide épais semblable à du sang bleuté, leur était donné lors de chaque mission, pour leur servir lorsque le moment était venu de passer à l’action. Leur vue devenait aussi claire dans la pénombre que s’il y avait du jour, et tous leurs autres sens étaient en éveil pour une heure ou plus. Mais dans le cadre particulier des nuits saintes, il les transportait dans un état d’exaltation total. Chacun avait sa propre manière de ressentir les effets du sang de nuit ; le corps du jeune homme lui semblait aussi robuste et élastique que celui du serpent, quand d’autres se sentaient légers et agiles comme l’araignée, ou d’autres encore furtifs et rapides comme le rat. Et tous dansaient leur sarabande monstrueuse et sacrilège autour de l’ombre, centre de leurs révérences, père, mère, parole divine, celle qui les réunissait dans un amour fanatique envers la Mort.

Et puis il y eut ce jour où l’assassin, devenu homme, s’éveilla, et où l’ombre l’attendait pour l’envoyer en mission.

« Tu dois tuer Harleen Ravran, fille de Merentha Ravran et d’Erik le sauvage, baronne de Blackthorne. Le client est très exigeant : cette mort ne doit pas avoir l’aspect d’un assassinat. Aussi, j’ai décidé de ne pas te donner d’échéance. Tous les moyens sont autorisés. Si tu apprenais à ses côtés qu’un conflit politique doit se traduire par les armes, ou qu’une guerre va éclater, le client exige que l’assassinat soit porté à son terme au plus vite, peu importent les moyens.
Je te retrouverai, mon fils, si les termes venaient à changer. »

L’homme inclina la tête en signe de compréhension, puis se mit à genoux devant l’ombre, qui apposa sur son front sa main décharnée.

« Fils de l'Ombrenuit, je t’envoie porter la mort sous le nom de Rorkan Erenys. Puisses-tu nourrir les ténèbres comme elles t’ont nourri. »

Elle lui tendit ensuite sa fiole de sang de nuit, et il partit.

○+○+○

Korina était parée de ses plus belles couleurs. Les trois jours qui allaient suive promettaient d’être forts en activité, car au centre de l’événement se tenait le jour du serment, où tous les barons de Balaïa viendraient renouveler leur vœu d’allégeance à la Couronne devant la nouvelle reine.

La délégation de Blackthorne était arrivée tôt le matin, mais dans l’après-midi, Harleen avait décidé de fausser compagnie à ses gens pour se promener seule. Arrivée au port, elle contemplait le manège des marchands et des dockers qui finalisaient les transactions et l’acheminement des quantités astronomiques de biens commandés pour l’occasion.

Dépouillée de ses effets habituels, vêtue comme n’importe quelle femme d’aisance moyenne, elle était assise sur les marches d’un quai quand elle sentit que quelqu’un s’asseyait non loin d’elle. L’homme la salua, et engagea la conversation de façon anodine.

« Je m’appelle Rorkan, fit-il après quelques échanges.
- Enchantée, Rorkan. », lui répondit-elle sans donner son nom, avec un sourire un peu enjôleur.

Il lui plaisait, ça ne faisait aucun doute. Mais elle voulait rester incognito, songeant qu’elle avait plus de chances de s’approprier un moment avec lui tant qu’il ne savait pas qui elle était. Il parut apprécier cette aura de mystère, car ils continuèrent leur entrevue tout en jouant le jeu.
En faisant connaissance, elle apprit qu’il était embauché par des marchands comme gardien d’un navire, et qu’il était à Korina pour le restant de l’événement. Aussi, lorsqu’il se fit tard, elle prétexta devoir regagner son logis, tout en exprimant son souhait de le revoir.

« Connaîtrai-je votre nom, belle énigme ?
- Pourrai-je vous retrouver parmi la foule, demain ?
- J’y serai, et je ferai en sorte que oui.
- Alors vous l’apprendrez bien assez tôt. »

Et elle s’effaça, charmeuse charmée, sous le regard amusé de Rorkan.







Liens

❝ Harleen Ravran ❞ • Suite à un contrat passé entre l'Ombrenuit et un client dont il ignore l’identité, il a été choisi pour la tuer. Mais ceci doit être accompli sans qu’on accuse l’intervention d’un assassin, afin qu’on ne soupçonne pas le complot. Il a choisi d’établir un premier contact avec elle à Korina, le premier des trois jours qui célébraient le serment des barons en faveur d’Élise (voir Histoire), mais au vu de la tournure de l’événement, ils n’ont pas pu se revoir. Toutefois, il sait qu’il l’a séduite, et prévoit donc de jouer à nouveau son rôle de petit mercenaire pour voyager jusqu’à un autre port et rallier Blackthorne, prétextant avoir échoué à protéger son employeur marchand et avoir besoin de travail en tant qu’homme d’armes.

❝ Fendar ❞ • Voir « Mot du rédacteur ». Personnage prédéfini de la baronnie Ravran, amant régulier d’Harleen. Rorkan devra faire preuve de patience et de prudence à l’égard du puissant guerrier, qui sera probablement son supérieur au début de son installation à Blackthorne. Faire son chemin jusqu’à Harleen ne devrait pas être difficile, grâce à sa préparation du travail à Korina, mais le fier et jaloux Fendar ne le laissera pas prendre sa place auprès d’elle si facilement.

❝ Erik le Sauvage ❞ • Scénario. C’est le père d’Harleen, et le meilleur soutien de Fendar dans son ambition d’épouser la baronne. Erik représente un obstacle dangereux pour Rorkan : fin observateur et gardien absolu de sa fille, il ne verra pas la relation de celle-ci avec le prétendu mercenaire d’un œil ravi – du moins, pas au début – car Fendar lui semble être un parti plus intéressant, contre les ouestriens notamment. Il se peut qu’il soit plus attentif que les autres, synonyme de risque pour Rorkan.

❝ Les autres personnages ❞ • Il y a d’abord Mérit, la petite sœur de Harleen, qui entretient une relation un peu hésitante avec elle, mais est très protégée par elle, par leur père et par Fendar. C’est un personnage très présent dans l’entourage de la baronne, avec lequel il faudra compter. Et puis il y a l’ombre, qui viendra de temps en temps voir comment se porte la mission de Rorkan : ce personnage doit pour le moment rester un PNJ car sa marge de jeu n’est pas énorme ; toutefois, ses apparitions sont importantes pour ponctuer l’évolution de Rorkan et du lien avec Harleen. Il n'est pas exclu, à longue échéance, que Rorkan se mette en quête de son passé et tente de retrouver la trace de sa petite sœur. Enfin, on peut mentionner les adversaires de la famille Ravran, notamment ceux qui auront commandité l’assassinat et qui pourraient, sans savoir qui est Rorkan, mettre du sel dans cette mascarade.

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We were as one
They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
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