HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

 :: 
 :: Aux portes du royaume :: Bienvenue à Balaïa
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageHARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 23/1/2017, 20:02

ᚕ Harleen Ravran
Care for no one but the offspring of your might
Nom et prénom : Harleen Ravran de Blackthorne. Âge : 28 ans, mais elle pourrait passer pour plus âgée de par ses abords sévères et à cause des quelques mèches blanches parsemant sa longue chevelure obsidienne. Race : Humaine. Contrée de naissance : Blackthorne, siège de la baronnie des Ravran. Statut social : noble de naissance, elle descend d’une longue lignée autrefois royale, bien qu’aujourd’hui vassale des Hyld – un détail historique qu’elle n’oublie pas. Statut civil : célibataire, elle ne se prive toutefois pas de satisfaire ses envies, la chasteté étant pour elle une « vertu » très surfaite. Orientation sexuelle : bisexuelle Métier ou Fonction : baronne de Blackthorne – en tant que noble dame, elle n’exerce pas de métier à proprement parler, sa fonction lui prenant presque tout son temps. Allégeance : le Culte des Douze. Groupe : The Temperance. Célébrité et crédit : Olga Kurylenko [avatar : Arté] Caractère : Harleen en impose, tant physiquement que par son caractère et son parler. C’est un vrai personnage, diront certains, et ils ne seront pas loin de la vérité, car comme la plupart des personnalités publiques de Balaïa, elle est forcée d’entretenir deux aspects d’elle-même.
Aux yeux de la majorité, c’est une femme qu’on peut aisément qualifier de « forte », bien que ses détracteurs préfèrent le terme « brute ». À la grande Cour comme dans les plus petites, on a souvent coutume de lui nier tout raffinement, toute sophistication. On la compare facilement aux sauvages de l’Ouest, par ses dehors fermés, peu avenants, son attitude laconique et son goût très prononcé pour des tenues d’apparat qui semblent étudiées pour provoquer le standard mondain. Chacune de ses apparitions est un petit spectacle en soi, que la noblesse inférieure a pris l’habitude de guetter avec une curiosité de hibou. Fourrures, cuir nu ou clouté, pièces de métal, laine sombre, yeux charbonneux et parfois même, une excentricité poussée jusqu’à arborer des ossements animaux en parure, et des peintures à même la peau, voire carrément sur son visage opalin. Autant d’ornements hermétiques pour toute personne étrangère à la culture propre à son fief, et qui pourtant ne manquent pas de fasciner par leur beauté sauvage et leur aura de mystère. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle force le trait de son identité occidentale, qu’elle s’affirme avec un aplomb osé, en compensant son manque d’éloquence par des apprêts outranciers.
Il est vrai qu’Harleen le fait exprès. Que lorsqu’elle paraît devant les autres nobles, seule ou accompagnée d’autres représentants de sa baronnie tout aussi atypiques, elle tient à ce que personne ne puisse manquer son entrée, ni ses autres interventions. Elle impose sa présence pour qu’on l’écoute, parce que c’est aussi comme ça qu’on se fait entendre dans un milieu devenu aussi superficiel que celui des mondains, des fortunés. Elle ne le sait que trop bien. Harleen connait son histoire, celle de son sang, elle sait que les mots ne suffisent pas toujours. Alors elle les utilise à bon escient, sait se montrer patiente comme le prédateur de ses contrées, et fait en sorte qu’on n’ait pas d’excuse à l’ignorer.
Sa froideur aussi est réelle. Car lorsqu’on représente toute une baronnie, un pouvoir, un peuple, il est absolument nécessaire de faire attention à ce que l’on fait et à ce que l’on dit. Et parfois, ce masque opaque est le seul moyen pour elle de ne pas laisser voir des humeurs qui pourraient porter préjudice aux intérêts qu’elle représente. Elle a appris tout cela avec peine, elle a accouché dans la douleur de cette personnalité double, et il n’est un secret pour personne, parmi son entourage le plus ancien, qu’elle aurait préféré ne pas avoir à tenir cette place. Car Harleen nourrit une certaine aversion pour le pouvoir et son décorum, pour ses illusions et son inaptitude à suivre ses valeurs supposées. Elle aime les choses efficaces, la rapidité d’exécution, la spontanéité, l’authenticité. Elle aime les choses pareilles à ce qu’elle a toujours connu : un environnement rude, qui ne laisse pas la place aux faux-semblants et révèle immanquablement de quoi sont faits les êtres qui l’habitent. Depuis sa naissance, la nature la teste, la forge, et c’est elle, plus que n’importe quelle personne auprès d’elle aujourd’hui, qui a fait de la baronne la femme qu’elle est.
Mais elle n’a pas eu le choix. Le décès prématuré de Neerath, sa jumelle adorée, son double éternel, a précipité son destin ; car, formées toutes les deux à l’art de régner et se partageant jusqu’alors les rennes du commandement, elles auraient été tôt ou tard départagées, et bien que Harleen ait ardemment espéré n’être que l’ombre de sa tendre sœur, il n’était dès lors plus question de remettre en doute les caprices du sort. Ainsi s’est-elle résolue, au fil du temps, à endosser le poids de ses responsabilités, et à servir son peuple avec tout ce qu’elle sait mobiliser d’intelligence, de courage, d’acuité et de justesse, seule. Quitte à être méprisée par les nécessaires adversaires de son rang, ou crainte par ceux qui ne comprennent pas le bon sens.
La baronne est une mue bien lourde dont la jeune femme ne se défait que dans le privé, et on la découvre parfois bien lasse de cet écran de fumée. Harleen défaite de ses oripeaux est une bonne vivante, une louve qui aime la chair qu’on mange autant que celle qu’on caresse, et qui hier encore s’autorisait régulièrement de participer à des concours de boisson avec ses hommes et femmes d’armes. Proche d’eux autant qu’un bon maître de guerre sait l’être, elle connaît le prénom de chacun et chacune, et se rêve parfois déchue de son titre pour ne faire qu’un avec cette troupe un peu rustre, mais si vraie, si franche dans ses rapports à l’autre. C’est parmi eux que son caractère entier se fait le mieux connaître : ils l’ont entendue rire à gorge déployée, ils l’ont vue exploser de colère, ils ont senti sa poigne fière et chaleureuse sur leurs épaules, et certain-e-s la savent même une amante passionnée. Ce monde sans fard est son enclave de repos. Un moment avec eux, autour d’une table de leurs quartiers, est un moment où elle ne pense pas à demain avec un front plissé par le calcul. Maintenant que Neerath lui a été enlevée, elle peut s’avouer plus proche d’eux que de sa propre famille… Amputée d’une moitié de son âme, ainsi qu’elle se définit depuis ce tragique événement, éloignée de son père et ayant laissé sa cadette devenir une étrangère, elle se réfugie en quelque sorte dans ce cercle qui, malgré tout, ne sera jamais vraiment le sien. Finalement, c’est ici une autre façade qu’elle porte pour se dissimuler à elle-même : Harleen n’aime pas voir en face qu’elle est sentimentalement apatride, incapable de conserver une liaison sérieuse qu’on exige de tout chef, et encore moins apte à s’envisager mère.



     


Qui es-tu ?

On m’appelle Minou. Je suis un chat, là-dessus tout le monde s’accorde : curieuse, joueuse, un peu froussarde et maladroite ; parfois la lassitude me rend un poil vilaine mais je suis généralement très câline, et j’ai une nette tendance à perdre mes poils un peu partout. Parfois je suis aussi une louve qui règne avec son clan sur Givrecendre, un petit royaume juché sur des montagnes escarpées et tirant sa puissance de l’exploitation des mines de cocaïne. Normalement vous ne tarderez pas à comprendre que j’aime beaucoup la musique (ça va du black metal au rock des années 70 en passant par l’esprit goth classique de Depeche Mode et The Cure, quelques trucs indé chelous et de la musique traditionnelle orientale ou asiatique – mon mec se fout de moi en disant que j’écoute des trucs « gays », mais lui avec son Manowar-slips-en-cuir il peut la rembal/SBAFF), parce que je suis la reloue de service qui va coller des liens YT dans ses RPs ou en abreuver le flood et la CB. Finalement je suis une âme simple : j’aime le bon son, la bonne bouffe, et les gens bons (lel).



Quelle est votre opinion sur la Reine de Balaïa ?
Élise Hyld revêt pour la baronne Ravran les airs d’un futur prometteur. En tant que seule femme aux commandes d’un fief, Harleen a longtemps dû en faire deux fois plus que n’importe qui pour se faire remarquer et entendre aux tables politiques, et sait quels sont les enjeux d’une telle intronisation pour son sexe. Par ferveur « féministe », elle est prête à aborder par défaut les décisions de la reine d’un œil positif et à la soutenir dès qu’il le faudra… du moins, pour l’instant. Car, pour prouver aux autres puissants de Balaïa que les femmes sont tout aussi capables de diriger que les hommes, elle espère d’autant plus vivement que la souveraine opérera des choix judicieux. Ses attentes vis-à-vis d’elle sont, en conséquences, élevées.
Difficile de parler de son opinion au sujet d’Élise sans mentionner l’épisode fâcheux survenu le jour du couronnement. Voyant la reine incapable de prendre une décision dans l’urgence, Harleen a momentanément perdu ses nerfs, et pouvait dès lors s’attendre à subir des conséquences biaisées par la proximité de la Couronne avec l’Ordre des Inquisiteurs. Il n’en fut rien, et Harleen garde une pensée reconnaissante et positive de la manière dont Élise, à peine officiellement investie de son pouvoir, a su en user pour la première fois : avec justesse et discernement. Un affaire à suivre, mais qui met la baronne dans d’excellentes dispositions.

Est-il possible que les Dragons existent réellement ?
Difficile d’être née au pied des montagnes de l’Ouest et de répondre par la négative. Depuis petite, la brune baigne dans une culture brodée de mythes et d’histoires fantastiques. Bien sûr, les temps anciens n’ont laissé que peu de traces derrière eux, et comme chacun le sait, l’histoire est écrite par les vainqueurs – qui ne se privent pas de gonfler leurs exploits à la mesure de leurs egos. Mais ne serait-ce que par principe vindicatif, Harleen accorde plus de crédit aux légendes colportées par les nourrices et aux volumes poussiéreux gisant au fond des bibliothèques, à toutes ces choses qu’on voudrait enfermer dans le noir et l’oubli, qu’au déni des gens de « raison », trop prompts à rire de ce que personne ne peut ni confirmer, ni infirmer. L’Ordre des Inquisiteurs, lui aussi, a voulu détruire l’héritage des anciens, et pourtant la baronne le conserve dans son sang et dans son cœur : c’est par fidélité à ce patrimoine, qu’elle croit nanti d’un fond de vérité, qu’elle persiste à laisser aux légendes le bénéfice du doute.


Croyez-vous que les ouestriens soient une menace pour le royaume ?
Une question à laquelle il lui est devenu compliqué de répondre. Il y a encore un an ou deux, elle vous aurait répondu, comme beaucoup de gens à Blackthorne, que les ouestriens sont d’abord des hommes et des femmes au même titre que les balaïens, avec leur culture, leur mode de vie, leurs qualités et leurs défauts. Et que, comme avec les balaïens, il vaut mieux éviter de voir un ennemi chez le premier venu, sans quoi on finit par s’en créer. L’histoire officielle omet souvent de mentionner que les premières campagnes du roi Marcus n’étaient pas de pacifiques expéditions visant à apporter la culture, le propre de l’humain, à des sauvages à peine plus évolués que des bêtes, et à les aider ainsi à prospérer dans son auguste lumière. Mais Harleen, élevée dans une tradition bien plus proche des ouestriens que des nobles orientaux portant brocards et perles, se sent plus en phase avec la version évoquant les raids meurtriers des colons de jadis. Bien qu’elle ne nie pas les différences et une évidente inimitié entre les deux peuples, elle a appris au contact de sa mère à prendre du recul sur ces faits, et à reconsidérer la prétendue supériorité des balaïens sur leurs voisins. C’est avec Merentha qu’elle a fait ses premiers pas vers eux, à travers les marchés transfrontaliers notamment, mais aussi malheureusement lors des intrusions hostiles des uns sur le territoire des autres. La difficile entente avec les clans de l’ouest place nécessairement la baronne en tant que médiatrice et juge, deux rôles qui requièrent de savoir faire la part des choses, et d’une menace une opportunité.
Bien que cet ensemble de considérations reste le socle sur lequel repose son attitude par défaut vis-à-vis des ouestriens, et qu’elle encourage toujours les échanges avec eux, Harleen a cependant subi un lourd traumatisme qui oriente différemment son jugement aujourd’hui. Une patrouille qui a mal tourné, un groupe d’ouestriens échauffés… Un épisode d’une banalité affligeante pour le peuple de la baronnie, un affrontement comme il s’en produit régulièrement – surtout lorsque la faune et les ressources se raréfient. Mais cette fois il y s'agissait d'une réelle enclave, où la jumelle de Harleen, la belle Neerath, perdit la vie pour sauver celle de sa sœur. Dans l’urgence, la baronne a battu en retraite, ce qui ne sauva pas Neerath et aboutit à une vraie chasse aux responsables sur toute la frontière de la baronnie. Harleen n’aura de cesse de mettre la main sur celui qui a tué sa sœur, afin de lui faire regretter de ne pas s’être plutôt planté sa flèche dans le pied ce jour-là, et de faire comprendre qu’on ne s’en prend pas aux Ravran impunément.
Bien sûr, les rumeurs de rassemblement au-delà des montagnes attirent son attention, mais pour l'heure elle fait son possible pour maintenir une façade pacifiste. Car, qui sait ? Bien qu'elle soit fidèle à la Couronne, un pacte avec les ouestriens pourrait s'avérer très utile pour évincer certains adversaires gênants en Balaïa... elle se montre donc très prudente avec eux.


Que pensez-vous de l'influence grandissante de l'Ordre des Inquisiteurs ?
Tellement d’exactions pour si peu de pardon… Pour des raisons personnelles, Harleen n’a jamais compris l’adhésion que récolte cette religion, et si ça ne tenait qu’à elle, l’église bâtie pour l’Ordre dans sa baronnie serait convertie en orphelinat sous la gouvernance d’Ana’il, et les prêtres actuels congédiés aux frontières. Mais même en mettant son sentiment de côté, elle ne peut objectivement fermer les yeux sur l’oppression dont sont victimes les adeptes du Culte des Douze qui ne bénéficient pas de son statut privilégié. Pour éviter que la situation ne s’envenime trop, on avait coutume dans la baronnie de jouer les médiateurs entre les uns et les autres, et de se montrer coopératif avec les Inquisiteurs de l’Ordre, mais maintenant qu’Harleen est seule au pouvoir il y a de fortes chances que l’atmosphère se fasse plus fraîche dans ces relations. Il est hors de question pour elle de priver ses ouailles des festivités liées au Culte, les curés de l’Ordre ont tout intérêt à faire profil bas s’ils veulent bénéficier de sa protection, et quand bien même on lui reprocherait d’observer le calendrier païen au nom de la « religion d’État », elle arguerait qu’une fête est juste une fête, et qu’en l’absence de preuve de son caractère religieux, la loi ne prévoit pas que l’Ordre, en plus de contester le droit d’un baron à gérer son fief, méprise et saccage les cultures locales qui font de Balaïa un royaume riche et dynamique.
Ce n’est donc un secret pour personne : que l’Ordre vienne lui chercher des poux, et c’est peut-être tout Balaïa, à travers la responsabilité de sa reine, qui y serait mêlé.











Histoire
○ Obscured ○

Nous brûlons les défunts par tradition. Nous dressons un bûcher ou affrétons une barque, que l'on emplit d'offrandes pour que les dieux ouvrent un passage clément à cette personne que l'on a chérie et que l'on perd ; on étend son corps parmi elles, et on lui joins ses possessions les plus chères. Les offrandes et les effets personnels sont arrosés d'huile afin que le feu prenne, grâce à une flèche enflammée tirée depuis le point de recueillement. Le dernier voyage peut commencer.
Cet usage nous vient des anciens : nous conservons le cœur de nos disparus dans notre crypte, mais nous consumons leur dépouille, car dans l’ancien temps on croyait que les morts pouvaient ressurgir de terre. Évidemment aujourd’hui ce n’est plus qu’une vieille légende, un conte qui fait peur aux enfants. Peu nombreux sont ceux qui peuvent se permettre de déposer le cœur de leur proche dans un mausolée et d’accomplir une cérémonie honorant sa vie et son trépas. Notre famille est dépositaire de l’héritage des âges, toutefois ; et c’est pour cette raison que nous n’abandonnons pas nos vieux us : afin que notre culture ne meure pas avec ceux qui nous quittent.




Avachie dans un fauteuil près du lit de Neerath, qu’elles avaient parfois partagé, où elle l’avait étendue en criant des ordres pour qu’on la sauve, et où finalement elle l’avait vue mourir, Harleen se rongeait les ongles pendant que sa jeune sœur, Mérit, tentait vainement de lui parler.
Ses boucles blondes et son visage de maïane captaient la lumière chiche avec une telle beauté, qu’on l’aurait crue née d’un rêve. Dans ses iris bleus comme une source vierge, la clarté contrastée du jour blafard faisait luire la peine, une certaine anxiété, et surtout ce que Harleen identifiait invariablement comme de la pitié. La même foutue pitié que dans toutes les paires d’yeux qu’on s’obstinait à braquer sur elle, comme sur une chienne malade qu’on n’a pas d’autre choix que de laisser crever dans un coin sale et puant la tombe – la carcasse à peine remuante d’un animal malingre et mourant.
Harleen s’affrontait secrètement, murée dans son silence, figée pour contenir en elle l’incendie du supplice. Elle entendait les mots de sa sœur, ses tentatives d’apporter un peu de baume à une torture dont elle ne soupçonnait même pas l’once. Mais elle pouvait à peine lever les yeux vers elle, de crainte qu’une fois de trop, elle discerne dans ses traits un air de ressemblance avec son adorée, sa moitié perdue, celle que Mérit n’était pas. Une fois de trop, avoir le sentiment de sa présence impossible, hurler intérieurement son désir de la voir elle, de la toucher, de la serrer dans ses bras, de lui dire combien elle l’aimait – et se le voir interdire par les lois inébranlables de la vie et de la mort.
La douce Mérit fut forcée de repartir comme elle était venue, remerciée de ses efforts par le mutisme sépulcral de son aînée.


○ Sky above, voice within ○

Le baron-père Erik avait d’abord proposé à Harleen qu’elle tirât la flèche de feu lors de la cérémonie de l’adieu, ce qui n’était pas la coutume – celle-ci voulait que la famille régnante se tienne en recueillement pendant qu’un proche désigné rendrait ce dernier honneur – mais pouvait tout à fait faire l’objet d’une exception, au regard de la relation fusionnelle entre les deux jeunes femmes. Le regard perdu dans le vide de sa fille avait suffi à le convaincre du contraire : jamais il ne l’avait sentie désertée à ce point par l’énergie et le goût de la vie. Afin donc de rester fidèle à la tradition, il choisit Fendar, qu’il savait ami de ses filles, pour archer mortuaire.
Cette décision fut actée, au dégoût d’Harleen. Elle ne voulait pas que ce soit Fendar. Elle ne voulait pas que ce soit son père, elle ne voulait pas que ce soit Mérit, elle ne voulait pas non plus que ce soit un bras sûr choisi parmi les meilleurs de Backthorne. Elle voulait que ce ne soit personne. Mais c’eut été un enfantillage que d’exprimer ce refus absurde, et elle avait du respect pour la cérémonie à venir. Aussi, comme toujours ou presque depuis l’accident, elle ne dit mot ; et quand vint le jour fatidique, Fendar enflamma la flèche funéraire et, en un hommage plein de solennité et de retenue, porta le projectile vers son ultime destination.
La barque et son contenu peu à peu se parèrent de langues de feu. Les vapeurs ondoyantes déformaient les contours de la rive opposée, surplombées par les volutes âcres et noires, que certains balaïens de l’extrême sud-ouest assimilaient parfois aux ailes de Thrandor, esprit messager des ouestriens, portant en deuil l’âme du défunt vers des contrées merveilleuses, connues de lui seul.
Pendant d’interminables minutes, Harleen suivit des yeux l’embarcation, et chaque craquement ardent, chaque courbure des lames érubescentes était une meurtrissure profonde en elle. Malgré toute la solidité qu’on lui connaissait, la nouvelle baronne était rongée dans ses entrailles par un mal plus terrible que tout ce qui pouvait l’atteindre de l’extérieur ; et à cet instant personne, ni mortel, ni dieu, ni rien ne pouvait lui venir en aide.
Comme si le bateau était lié à elle par une chaîne invisible, son éloignement croissant lui déchirait le ventre, là où autrefois le cordon de la vie les reliait toutes les deux à la chair de leur mère. Elle sentit sa gorge nouée l’étrangler de plus belle, sa contenance se décomposer et son bon sens s’effondrer comme un arbre desséché abdique avec fracas. Abandonnant toute décence, comme si le monde autour d’elle n’existait plus, elle fit marcher ses jambes pour suivre depuis la rive le trajet de son double.
L’espace de quelques secondes, l’assistance surprise ne sut quoi faire, et probablement pensaient-ils qu’elle allait s’arrêter à quelques pieds de là. Au contraire, elle accélérait le pas, et Fendar fut le premier à vouloir la retenir – mais au lieu de cela, ce fut le bras d’Erik qui le retint, lui, alors que Harleen enfourchait son cheval et partait au galop.

« Laisse la, elle reviendra.
- Sire, les ouestriens pourraient rôder par ici.
- Je sais, je te sais gré de vouloir la protéger. Mais elle a besoin d’éprouver sa solitude nouvelle et nous ne pouvons pas la retenir de le faire. Laisse-la. »

Par sa confiance, Erik épargna à sa fille l’embarras d’un public, et lui donna toute latitude pour laisser libre cours à la bête assassinée qui rugissait en elle. Le fleuve, lui, emportait sa fiancée de plus en plus rapidement à mesure que le courant filait sous la coque, et bientôt, ils rejoignirent tous ensemble l’estuaire.
L’océan s’étendait au sud, infini, ouvrant grand ses bras à Neerath endormie. La monture ralentissait instinctivement, mais Harleen lui battait les flancs des talons avec rage. Les sabots heurtèrent bientôt le sable gorgé d’eau salée, puis les vagues elles-mêmes, quand enfin le destrier se cabra, ne tolérant plus d’être forcé à courir vers les eaux sombres, toujours plus insondables.
Sa cavalière, bien qu’expérimentée, fut projetée avec violence et s’écrasa dans un bruit liquide aux pieds du palefroi, qui rebroussa chemin vers le terrain sec. N’en démordant pas, elle retrouva vite du regard sa sœur et, trempée jusqu’aux os, avança coûte que coûte contre les nappes tapageuses qui pénétraient ses vêtements. Le vent se levait, galvanisant les flammes et mordant la peau de la brune, attisant ses larmes et brûlant sa gorge encombrée de sel marin.
Au bout d’un moment de cette lutte éperdue contre l’ultime séparation, Harleen perdit pied et Val’en faillit bien l’embrasser pour ne plus jamais la rendre à sa terre natale. Elle ne dut son retour sur la grève qu’à un sursaut de son instinct de survie.
Lorsqu’elle sut s’extirper des flots, Neerath avait disparu à tout jamais, effacée pour toujours de l’horizon flamboyant.
À genoux, tremblant de tout son corps tandis que l’écume des vagues insouciantes venait lécher ses abords, la jumelle délaissée s’abandonna à son chagrin abyssal, expurgeant son martyre, hurlant toutes les forces qu’il lui restait jusqu’à ce qu’épuisée, les larmes taries, elle s’endorme sous un rocher en surplomb, veillée par le regard incompréhensif de son cheval.

Cette nuit-là, Ana’il, mère miséricordieuse, posa sur ses paupières son baiser, et Harleen rêva de Neerath comme si elle était encore là, à ses côtés.

○ The Calm Before The Storm ○

Nées du même ventre, au même instant.
Liées dans leur chair et dans leur âme pour l’éternité.
Être chacune le tout de l’autre comme jamais personne ne saurait les combler.
C’était cela leur histoire : Neerath aimait Harleen, et Harleen aimait Neerath – personne d’autre au monde ne comptait autant dans leur cœur que cet autre visage si semblable et si complémentaire. Ce lien si incroyablement fort faisait qu’enfants on les trouvait adorables, qu’adolescentes on les trouvait étranges, et qu’adultes on les trouvait « à part ». L’une sans l’autre n’était pas elle-même, et c’était une vérité acquise que Neerath et Harleen règneraient, chasseraient et aimeraient ensemble, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Harleen rêvait.


○ Flatlands ○

C’était un de ces jours éclatants de l’hiver, où l’air sec et froid s’allie au soleil pour fouetter la vigueur des hommes et des femmes au labeur. Âgées de six ans, les petites baronnes s’étaient échappées des griffes de leur nourrice, car il était hors de question de faire la lecture dans l’austérité de la salle d’étude par un temps pareil. Un temps propice à leur jeu préféré : celui dans lequel elles s’inventaient Ravens, à la poursuite des seigneurs Sorceyrs, par-delà les montagnes. Dans ce demi-monde imaginaire, chaque passant était un guerrier sanguinaire, une archère barbare ou une vicieuse chamane, chaque chien un terrible loup des steppes, tout une armée d’ennemis qu’elles devaient passer au fil de leur épée, elles les héroïques mercenaires armées de branches de sapin déplumées.
Si quelques marchands et badauds se prêtaient au jeu, la plupart s’abstenait de tout commentaire en vertu de leur nom. Mais leur cible préférée, c’était leur père.
C’était un jeu en soi que de le retrouver dans Blackthorne, car elles n’étaient jamais certaines de sa présence dans les murs de la citadelle. À l’époque, il passait plus de temps dehors, à organiser les chasses ou à les mener lui-même, ou bien à coordonner les patrouilles le long de la frontière ouest. Mais lorsqu’il supervisait l’entraînement des gardes ou remplaçait la baronne Merentha sur les marchés, il pouvait être sûr, à un moment à un autre, qu’il serait dérangé par ses turbulentes filles. Heureusement, c’était pour lui un plaisir non dissimulé, et les dieux savent qu’elles en profitaient : à la caserne, elles pouvaient passer des heures avec lui à mimer tant bien que mal les coups et les feintes, à faire semblant de se mesurer l’une à l’autre, ou l’une et l’autre contre un adversaire commun (souvent, c’était Erik), à parier même parfois sur le vainqueur des combats fictifs. À apprendre ce qui ferait d’elles un binôme redoutable, comme on en avait rarement vu.
À cet âge, hormis leurs tignasses brune et rousse, rien ne les différenciait à l’œil passager. Toujours crasseuses malgré le soin redoublé des servantes à leur égard, elles ressemblaient à deux louveteaux sans cesse à courir partout, assoiffés de d’aventures, affamés de découvrir le monde et de le soumettre à leurs désirs.


○ The Bad Colour ○

La joie, partout dans le cercle proche du pouvoir à Blackthorne. L’excitation dans ses rues et par-delà ses remparts ou à Gyernath. Peut-être même un murmure intrigué sous le toit des petites gens.
« La baronne est enceinte ! » criaient partout les messagers.

Les dieux soient loués, s’exclamaient les uns, tandis que les autres levaient leurs chopes dans l’expectative. Pour l’instant il n’était question du sexe de l’enfant, il était bien trop tôt, mais on avait attendu d’être sûrs que Merentha se portait bien, à l’instar du fruit de sa chair et de celle d’Erik, heureux comme tout père de préparer la venue d’une nouvelle âme porteuse de son héritage, et de celui de son épouse. Les deux ne s’étaient peut-être pas choisis au moment de ceindre leurs alliances à leurs doigts, mais ils avaient appris à s’aimer, et il semblait bien que les incertitudes de la première naissance les avaient quittés. Ils rayonnaient, et pour tous ceux qui partageaient leur sentiment, ce furent des mois d’attente enchantée.
Et puis il y avait ceux qui avaient d’autres chats à fouetter. Le peuple qui travaille la terre, celui qui élève la faune domestique, celui qui risque sa vie en chassant ou en protégeant le fief. La bonne humeur qui flottait sur les terres des Ravran mettait certes du baume au cœur de tout ce monde, notamment parce qu’elle insufflait chez les décideurs un tempérament plus gai qui faisait tache d’huile sur la vie de tous. Mais au fond, ces « petites » vies ne changeraient vraiment que bien des années plus tard – si toutefois, l’enfant se trouvait nanti d’un avenir qui viendrait troubler la surface placide d’un univers de traditions bien ancrées. L’immuable succession des têtes couronnées n’était parfois rien de plus que la succession des saisons : la marche d’un monde qui ne s’arrête pas de tourner, aveugle et sourd aux existences les plus simples.

C’était certainement la première fois que les jeunes baronnes avaient l’occasion de se sentir en empathie avec celles-là.
Elles avaient remarqué toutes les deux que quelque chose se tramait autour de leur mère, sans vraiment savoir quoi. Elles la pensaient malade, au début, à force de voir aller et venir régulièrement le physicien attitré de leur mère. Celle-ci les avait rassurées, lorsqu’elles avaient osé s’enquérir de ces visites, mais elle les avait surtout enjointes par différentes formulations à être plus studieuses, à mieux se conduire, à devenir plus responsables. Le vent tournait, et sous son souffle la flamme de l’insouciance se faisait vacillante.
Bientôt elles n’eurent plus de temps pour leurs escapades ou leurs jeux d’enfants. Elles avaient neuf ans, et c’était comme si tout leur sérail de gardiens et de précepteurs s’était passé le mot pour les surveiller de près, les obligeant à redoubler d’astuce pour s’éclipser. À force de temps, toutefois, l’exercice devint impossible, en tout cas bien moins facile que d’abdiquer et de suivre cours et sermons à longueur de journée. Le carrousel des choses sérieuses les épuisait, et fatalement, l’habitude vint d’obéir et de se discipliner.

Pendant ce temps, la vérité s’était fait jour, et de loin les fillettes observaient le ventre de leur mère qui s’arrondissait. Une sensation dérangeante courrait dans les nerfs de Neerath, tandis que sa sœur, plus intriguée qu’autre chose, détaillait l’objet de leur étonnement comme on le fait d’une curieuse bête qui pourrait à tout moment vous lécher les doigts, ou bien vous mordre au sang.
Elles savaient à peine en vérité, ce que c’était que donner la vie. Personne ne leur avait vraiment expliqué comment cela se produisait, et même si elles comprenaient bien pourquoi leur tendre père s’en émerveillait, elles ne soupçonnaient même pas son rôle dans le processus. Leur mère était d’abord comme tombée malade et puis, petit à petit, la chose qui deviendrait leur petit frère ou leur petite sœur s’était mise à pousser dans le ventre de leur mère. Et elle grossissait avec lui. Les petites se demandaient comment quelque chose de si gros pourrait sortir de là ; parfois elles-mêmes avaient le ventre lourd d’avoir trop mangé et s’en trouvaient dérangées aux lieux d’aisance, ou vomissaient. Mais jamais elles n’avaient été encombrées à ce point. Et elles ne pouvaient pas concevoir que le bébé finirait dans les latrines (une cuve qui paraissait infiniment profonde et qui empestait comme rien d’autre, quel destin horrible ! Elles ne pouvaient pas croire qu’elles avaient connu ce sort-là en arrivant dans le monde).
Les précepteurs et leur nourrice s’obstinaient à leur répondre qu’elles sauraient tout de ce mystère en temps et en heure, mais jamais sans plus de précision. Alors elles attendirent la naissance, en dans l’intervalle, elles se contentèrent des « explications » (ou plutôt des fables, toujours différentes) de la nourrice qui tantôt leur parlait de fées, de fleurs, de légumes, d’oiseaux merveilleux, et d’autres choses encore moins logiques – elles laissèrent tomber le jour où, à court d’imagination, la vieille femme leur dit « Vous voyez, par où vous faites pipi ? Eh bien c’est presque pareil. »

« N’importe quoi, grommela Neerath.
- Moi j’arrête de demander », conclut Harleen.

Et il en fut ainsi pour toutes les deux, au grand bonheur de chacune des victimes de leur inquisition.

Le grand jour arriva finalement, dans une tornade de cris, de torchons, d’eau chaude et de sang. On avait confiné les jumelles dans leur salle d’étude avec la nourrice et un précepteur, à qui échouait donc la presque insurmontable tâche de les occuper ou au moins, de faire diversion, pendant toute la durée de l’accouchement. Elles étaient inquiètes d’avoir entendu leur mère parler de douleurs, et par voie de conséquence, n’écoutaient absolument rien de ce qu’on leur disait. Même les tentatives visant à les rassurer faisaient chou blanc, par faute de satisfaire leur interminable liste de questions. Neerath pleurait, et Harleen qui la serrait dans ses bras en venait à hurler des insultes à leurs pauvres gardiens qui, les heures s’écoulant, laissaient la place à d’autres, puis à d’autres encore, jouant à qui aurait les nerfs suffisamment solides pour ne pas faire usage de la règle de bois, de la gifle ou de la fessée. Un garde posté à l’extérieur suggéra l’idée d’un bain de glaçons, mais s’en mordit les doigts en voyant la mine crispée des précepteurs qui regardaient juste au-dessus de son épaule : le seigneur consort était là, qui venait chercher ses filles pour leur annoncer qu’une petite Mérit avait poussé son premier cri.

Bien qu’elles se jetassent dans ses bras tout d’abord, la nouvelle fut accueillie des plus fraîchement par les demoiselles. En vérité elles n’avaient que faire du bébé pour l’heure, elles exigeaient avant tout de voir leur mère pour enfin s’assurer qu’elle allait bien. Et comme leur père le leur refusa, invoquant le besoin de calme et de repos de son épouse, elles piquèrent une crise pour de bon qui les confina dans leur chambre jusqu’au lendemain.

Quand elles revirent enfin leur génitrice, elles constatèrent son évidente fatigue. Les yeux cernés, le teint vaguement maladif, Merentha était éprouvée par cette nouvelle et toute fraîche maternité, et bien qu’elle fût largement soutenue à la fois par son mari, le physicien et les servantes, elle tenait à allaiter son nourrisson et se trouvait donc souvent sollicitée. Tout le monde était certain qu’elle se remettrait doucement, mais sûrement, de l’épreuve, à l’exception bien entendu de ses aînées, qui pouvaient ardument avoir une autre impression de leur petite sœur que celle d’une sangsue qui lui dévorait le sein, aspirant on ne sait quelle énergie de vivre au détriment de la baronne. Invitées à s'approcher et à caresser du bout des doigts le visage de l'enfant, elles ne montraient pas vraiment d'enthousiasme et passaient leur temps à demander pourquoi leur mère ne se résolvait pas à l'abandonner aux bras de la nourrice ; après tout elle avait déjà deux filles, elle n'avait pas besoin qu'une troisième la monopolise à ce point.
Leur mauvaise acceptation de cette arrivée leur valut d’être conservées en retrait. Elles fatiguaient Merentha lors de ses rares moments de calme, et n’avaient donc plus le droit de la voir que lors du repas vespéral, parfois aussi au midi, mais jamais davantage, et ce pendant les trois premiers mois. Ainsi, tout ce qu’elles savaient de Mérit était qu’elle épuisait leur mère en exigeant sa ration toutes les poignées d’heures, qu’elle souillait abominablement ses langes et qu’elle poussait des cris d’agneau qu’on égorge de jour comme de nuit.
Et c’est de cette façon qu’elles prirent le pli de ne plus vraiment partager de moments avec leur mère, ni même avec leur père dont la démultiplication des affectations provoquait la course perpétuelle d’un point à l’autre. Elles comprirent rapidement que les adultes trouvaient tout cela bien normal, et qu’on les considérait en âge de subir cette séparation à peine préparée. Que personne, donc, n’aurait de compassion pour elles, et que toutes les attentions étaient dirigées vers ce petit animal à peine humain qu’on disait être leur sœur, mais qu’elles ne voyaient pour ainsi dire jamais.

Les deux filles Ravran accusèrent bien entendu le coup, mais ce constat les poussa au moins à ne plus se battre contre des moulins à vent. Elles ne parlaient de cela qu’entre elles, et puis finalement, le sujet tournant en rond, elles cessèrent presque de s’y intéresser. Leurs précepteurs ne les avaient jamais connues si dociles, ni si sombres, il fallait bien l’avouer. Elles se comportaient toujours comme deux créature sauvages, quoique en quelque sorte « dressées » ; leur conversation avec autrui se limitait au minimum requis, et pendant un temps on s’en accommoda très bien. La paix était presque réelle, palpable, malgré les manifestations bruyantes de la nouvelle enfant-reine.

Parce que c’était ainsi qu’elles la percevaient. Leur place dans la maisonnée avait changé et il était encore trop tôt pour elles d’en considérer les bénéfices. On finit par les laisser regagner le giron de leurs parents, mais c’était sans plus d’enthousiasme que cela qu’elles s’y prêtaient. Leurs parents en prirent la mesure, mais restaurer leur lien endommagé avec elle fut une longue entreprise, que Merentha ne poussa pas plus loin que ce que ses responsabilités de femme régnante autorisaient. Erik fit plus d’efforts, mais n’en obtint pas beaucoup plus de fruit. Au moins firent-ils la paix avec elle, ce à quoi ne pouvait prétendre un bébé incapable de s’exprimer ni de comprendre les raisons de leur attitude froide et distante.

La mise à plat de cette expérience permit aux deux sœurs d’avoir davantage de contact avec leur cadette, et elles essayèrent bon an mal an de s’intéresser à son développement, mais Neerath la détestait. Et Harleen, malgré un tempérament souvent plus indulgent avec ses proches, se tenait quelque peu entre les deux, sans avoir réellement voulu cette position car elle non plus n’aimait pas Mérit. Elle ne voyait pas d’intérêt personnel à se montrer gentille avec la dernière-née, à la solliciter et encore moins à la cajoler, mais elle était un peu moins têtue envers la « dette » qu’elle leur devait à toutes les deux, et faisait en sorte de ne contrarier personne, préférant le silence aux piques nerveuses parfois chuchotées par sa jumelle, les gestes mesurés à ceux quelquefois chargés de mépris de cette dernière. Elles apprirent toutes les deux à s’occuper d’un bébé en soignant leur petite sœur – sous bonne garde – mais non sans alimenter, mutuellement, leurs visions différenciées.
Pas une fois elles ne montrèrent de la malveillance à son égard, et petit à petit leur ressentiment se mua en une indifférence certaine, malgré la survivance d’un amusement mesquin qui malheureusement ne fut jamais complètement étouffé : la moquerie. Comme une vengeance insatiable.

○ All The Love In The World ○

Les choses devinrent un peu plus intéressantes quand Mérit apprit à marcher, à parler correctement, puis à jouer avec d’autres enfants. Elle était assez régulièrement en compagnie de petits approximativement de son âge, de manière à se sociabiliser, à apprendre les notions élémentaires de vie en société. Ses sœurs aînées l’avisaient comme un objet d’expérimentation. Parfois c’était visible, parce que Mérit protestait par des cris ou des pleurs, ou bien se comportait d’une mauvaise manière, et quand c’était le cas, les jumelles avaient toujours un plan préétabli pour se justifier de leur sévérité ou de leur mauvaise influence si d’aventure, on devait les en tenir responsables. Leur projet favori était de voir comment on implante dans l’esprit d’un petit être le fait que, sans effort, on n’obtient rien.
Par exemple, elles lui prenaient ses jouets, ou rabaissaient ses réussites, en testant différentes manières d’orienter sa réaction. Soit il fallait que Mérit paye en quelque sorte une redevance pour récupérer son bien (en allant chercher quelque chose, avec de plus en plus de contraintes, ou en se montrant docile d’une quelconque autre manière), soit elle devait atteindre un niveau d’excellence plus ou moins élevé selon la tâche désignée, soit en démontrant un degré d’astuce qui prouverait sa faculté de devenir une personne intéressante à leurs yeux (en triomphant d’un obstacle comme une volée de marches ou un meuble dangereusement haut pour sa corpulence, en sachant profiter de l’attendrissement des adultes), soit en prouvant sa loyauté envers ses tortionnaires en étant de moins en moins fidèles aux directives des précepteurs ou de sa nourrice. Jamais elles ne lui firent du mal directement toutefois : déjà parce qu’elles ne voulaient pas laisser ce genre de traces, et puis parce que, d’une certaine manière, elles avaient suffisamment de pitié envers ce petit être pour ne rien trouver de bon dans l’idée de lui nuire. En effet, elles ne se rendaient pas compte qu’elles mettaient parfois leur petite sœur dans une situation potentiellement incontrôlable, et s’arrangeaient pour toujours être en mesure de l’arrêter si le risque de dérapage était trop grand, mais ce risque étant calqué sur leurs propres capacités, il était totalement sous-évalué la plupart du temps.

Les défis étaient toujours plus inventifs, puis avec l’adolescence et l’émergence de nouveaux centres d’intérêts plus matures, ils cédèrent progressivement la place à un désintérêt pur et simple. Mérit voulait jouer ? Aucun problème pour l’envoyer sur les roses si elle insistait un tant soit peu. C’était mère (ou père) qui l’avait envoyée ? Deux solutions : soit en exiger une preuve, soit réaliser quelque chose d’honorable, un devoir sorti tout droit du cerveau des deux grandes.


○ Blue ○

De fil en aiguille, les mises en demeure dépassèrent les limites imposées de la citadelle de Blackthorne, car on acceptait enfin que Mérit ne soit pas toujours entre les murs, pourvu qu'elle accompagne un groupe à l’extérieur. Un jour qu’elle était recommandée par sa mère, elle eut droit à une mission de trop : la destination était la forêt ombrageuse de Thornewood, et elle devait y dénicher des clochettes des bois.

C’était loin, très loin du château, et périlleux pour une si jeune fille. Les jumelles eurent la paix pendant un moment. Un moment un peu trop long, d’ailleurs, puisque Mérit ne se montra pas alors que, l’heure du souper venue, la nuit couvrait déjà la lande d’une obscurité avancée.
Comme les recherches risquaient bien de ne rien donner, les jumelles, contrites, ne tardèrent pas trop à venir trouver leur mère et à lui avouer leur félonie.
Celle-ci resta muette, en les regardant une poignée de secondes avec un regard qu’elles ne lui avaient jamais connu et qui les faisait se sentir s’écrouler de honte et de peur. Après quoi, elle partit vivement en aboyant des ordres à tour de bras, et les filles n’osèrent même pas bouger de leurs places, foudroyées.

« On aurait dû partir tout à l’heure quand il faisait encore jour, bredouilla Harleen.
- Mais on ne savait même pas où chercher…
- Eh bien tant pis, on aurait disparu toutes les trois et au moins, on aurait peut-être une chance de ne pas se faire battre !
- Et quoi ? Tu préfèrerais qu’on soit dévorées par un ours, ou pire ?! »

Neerath éclata en sanglots. Si sa sœur excellait aux armes, elle était au contraire plus passionnée par la politique, et avait toujours été plus timorée que sa sœur lorsqu’il s’agissait de véritable péril, quoiqu’il faille bien avouer que Harleen était un véritable casse-cou. Mais celle-ci sentait que ce n’était plus sa propre sauvegarde qui la préoccupait.

« Dieux, ayez pitié… Faites qu’elle n’ait pas été dévorée ni qu’elle ait rencontré des ouestriens…
- Non, ne t’inquiète pas, tenta la brune pour l’apaiser. Les ouestriens ne vont jamais si loin des montagnes.
- Pas "jamais".
- Presque…
- …
- Et puis les battues aux loups sont terminées, ils doivent être partis plus loin maintenant pour survivre. Quant aux ours, ils sont peu nombreux dans la forêt, qui est très grande… Ce serait une grande malchance si Mérit était tombée dessus… »

Les sanglots de Neerath redoublèrent et Harleen se mordit la lèvre, navrée par le choix de ses mots. Elle enlaça fort sa jumelle et tenta de la calmer, bien qu’elle-même ne sache pas vraiment se persuader que le pire n’avait pas eu lieu.

« Elle n’est pas tombée dessus. Elle est dans un camp de chasseurs dont le messager n’est pas encore arrivé, c’est tout. Ou peut-être qu’elle a trouvé un endroit dans la forêt pour passer la nuit, elle n’est pas tout à fait idiote après tout. Peut-être même qu’elle a croisé des marchands, leur a demandé où trouver des clochettes des bois, et qu’elle est partie avec eux jusqu’à leur prochaine étape dans une ville commerçante ! Ce serait une sacrée aventure, tu ne trouves pas ? On devrait essayer un jour… »

Neerath acquiesça, respirant un peu mieux.

« Dans tous les cas, ils vont la retrouver, et elle n’aura rien. Peut-être même pas de clochettes des bois. »

Elle fit semblant de rire un peu, et leur effroi s’estompa légèrement, mais ce n’était pas suffisant. Car pour autant qu’elles espèrent la bonne santé de leur petite sœur, elles savaient parfaitement qu’elles n’échapperaient pas à la correction de leur vie.
… Qui ne manqua pas d’arriver lorsqu’enfin, après de longues heures d’attente quasi immobile, elles entendirent la rumeur de l’escouade qui passait les portes de la citadelle en sens inverse. Curieuses malgré tout, elles risquèrent un regard au dehors en entrebâillant une des fenêtres de la grande salle à manger où elles étaient demeurées sans pouvoir fermer l’œil, et virent leur père descendre de son cheval en portant Mérit dans ses bras. À en juger par son pas relativement tranquille, il n’y avait pas d’urgence, et si elle avait été morte… non il ne servait à rien de l’imaginer. Mais de toute manière elle n’aurait pas été portée ainsi.

Les jumelles se prirent conjointement la main, communiquant leur soulagement pour au moins une partie de leurs tourments. Harleen souriait à Neerath, affichant sa confiance, et celle-ci le lui rendait avec reconnaissance. Dans la cour, quelqu’un annonça le retour de la baronne en les murs du château, et elles refermèrent prestement la fenêtre tout en regagnant leur place initiale, désormais focalisées sur de sombres pronostics. Qu’allait-on leur réserver pour châtiment ? Allait-on les priver de nourriture pendant plusieurs jours ? Les obliger à passer une nuit dans Thornewood ? Leur interdire de sortir de leurs quartiers ? Une idée leur effleura l’esprit au même moment et elles échangèrent un regard effrayé : ils n’allaient quand même pas les obliger à ne plus se voir ? Même une heure d’une telle punition était inenvisageable…
Mais les portes de la salle s’ouvrirent sur le pas maîtrisé de la baronne et elles jetèrent leur regard à terre, sans plus de temps pour y penser, et encore moins pour se rassurer cette fois.

Leur mère, plantée devant elles, resta un instant à les contempler. Harleen risqua un œil dans sa direction et vit qu’elle avait à la main un fouet à chevaux. Pétrifiée par cette vision, elle ne parvint pas à ordonner ses pensées.

« À genoux, face à la salle. »

Elles s’exécutèrent aussitôt, mais Harleen avait du mal à garder les yeux baissés vers le sol, et sentait son cœur s’accélérer. Elle perçut du mouvement devant elles, et n’y tenant plus, leva la tête pour se rendre compte que toute l’équipée nocturne et presque tout le personnel du château avait suivi le mouvement pour se rassembler là.
Un bruit de couteau qu’on sort de son étui, puis de pas venant de la gauche, tandis que la baronne les contournait par la droite.

« Mère…
- Tais-toi. », la coupa-t-elle.

Le garde qui avait le couteau se pencha sur Neerath, mais parut hésiter.

« Coupez, coupez ! La nuit est pratiquement faite, on ne va pas perdre davantage de temps. »

La voix de la baronne était dure, bien que son ton soit en quelque sorte calme et constant. Le garde entreprit alors de repousser l’épaisse chevelure rousse pour découper le dos de la chemise de Neerath par le col. Sentant la lame, celle-ci laissa échapper un sanglot, qui vrilla le cœur de Harleen. L’homme ne prenait apparemment aucun plaisir à suivre l’ordre donné, cela transparaissait dans ses gestes, qui bien qu’obéissants, étaient aussi précautionneux que possible. S’il avait senti le regard de la brunette qui le surveillait, ce n’était certainement pas la raison de sa retenue, celui de la dame de fer lui brûlant sans doute autant le dos qu’aux filles. Il acheva le même travail sur le vêtement de Harleen, et se retira rapidement des abords du trio.

Le son mat du fouet qui tombe par terre fit monter une énergie bouillonnante dans le corps de la jeune femme. Elle bondit aussitôt pour se jeter sur sa sœur, faisant barrage de son corps entre elle et la torture imminente, la serrant de toutes ses forces dans ses bras. Neerath échappa un cri plaintif.

« Ôte-toi, Harleen.
- Non. »

Le premier coup de fouet fut pour elle, et elle qui n’ignorait pas la douleur, fut d’autant plus surprise par la sensation de brûlure nette qui la frappa. Elle serra les dents, gémissant de douleur.

« J’ai dit : ôte-toi.
- Non ! »

Second coup de fouet, immédiatement suivi d’un troisième, et la double morsure lui arracha un grondement aigu – cri étouffé par ses mâchoires bornées comme celles d’un chien sur un morceau de viande.
Elle ne bougeait pas. Trois coups de plus, sa ténacité s’effritait et sa protégée le ressentit immédiatement.

« Harleen arrête ! Je t’en prie, arrête. »

Les larmes aux yeux, celle-ci s’obstina un temps, mais son énergie diminuée par la fatigue et la faim ne pouvait pas assurer sa prise autour de sa sœur en plus de la gestion de la douleur qui lui barrait désormais tout le dos. Neerath donna des épaules pour se dégager de force, rattrapant sa sœur avant qu’elle ne s’écroule à côté d’elle, l’aidant à se positionner mains à plat sur le sol.
Après quoi elle lança un regard à sa mère qui ne lui offrit qu’un masque blême et inexpressif. Alors elle prit la même posture que Harleen, et s’offrit aux coups à son tour. Chacune en reçut en tout quinze, et Neerath tenait à la force de sa dévotion pour sa sœur, mais aussi à celle de sa grande fierté. Car sa mère savait qu’une sentence physique l’aurait certes abattue plus tôt que sa sœur, mais que ça ne l’aurait pas guérie de la bêtise – la folie – qui l’avait conduite à envoyer sa petite sœur courir les dangereux bois de Thornewood, seule, pour une mission absurde, motivée par ses élucubrations malsaines.
Pour cela, seule l’humiliation était une douleur efficace, et c’était la raison de la présence d’autant de gens pour assister au châtiment. Lequel se termina par une allocution brève de la baronne, à l’adresse de ses sujets, dont les accusées ne purent lire l’expression :

« Personne, PERSONNE, n’est à l’abri de ma fureur, ni de ma justice, lorsqu’on menace ma famille. Pas même mes enfants. »

Elle tendit le fouet au garde posté non loin. Il ne portait pas une seule marque de sang, car elle ne l’aurait jamais fait couler devant cette assistance.

« Emmenez-les dans leurs quartiers, fit-elle aux serviteurs. Que tout le monde regagne son logis, la leçon est terminée. »


○ I Need You By My Side ○

Bien avant cela, quand Mérit avait deux ans, Neerath eut son premier sang, suivie de près par Harleen (mais pendant la période entre deux, Harleen se sentait mal de ne plus être exactement identique à sa sœur, et en elle s’implanta l’idée ténue, mais cardinale, qu’elle était un peu moins « femme » que sa jumelle). Elles avaient alors onze ans, et reçurent donc l’éducation de leur vieille nourrice sur la question. Autant dire, un discours qu’elles commençaient à voir sous un œil certes tendre, mais pas très sérieux, la nourrice étant bien vieille. Car, pas farouches, elles avaient déjà espionné des couples se bécotant ou s’ébattant en se croyant à l’abri des regards, et elles avaient déjà une petite idée de ce qu’était la sexualité – mais plutôt sous l’angle hédoniste de la chose que sous l’angle reproducteur…
Pas complètement folles, et un peu anxieuses quand même, elles n’eurent pas l’aplomb de s’y livrer dès le début, mais ça ne tarda pas. Il y avait une jeune femme à la taverne, arrivée de Gyernath, qu’elles avaient vue plusieurs fois avec des hommes différents, et visiblement assurée dans ses entrevues galantes. Satia de son petit nom, qu’elles approchèrent un soir pour lui demander de leur en parler. Au début un peu réticente, la donzelle finit par devenir leur coach en séduction et leur expliqua maintes choses à propos du sexe en tant qu’acte.
Sur l’impulsion de la seconde, toujours un cran d’avance sur sa sœur en matière de féminité, Harleen et Neerath accomplirent leur première fois ensemble à l’âge de treize ans, avec un jeune barde trop heureux de pouvoir honorer deux jeunes baronnes pour le prix d’une. Elles pensaient que tout irait bien grâce à un onguent fourni par Satia, censé garantir l’absence de conséquences. On crut d’abord que Neerath avait quelque maladie qui lui donnait des nausées. Mais quand en larmes elle confia à sa sœur qu’elle n’avait pas saigné depuis trop longtemps, elles furent mises au pied du mur. Harleen se refusait à vendre leur secret si Neerath ne le voulait pas, et dans l’angoisse de la situation, Neerath la supplia d’y remédier de la seule manière qu’elles connaissaient. Il fallait qu’elle la frappe au ventre.
Ce fut une expérience douloureuse pour les jeunes filles qui toutes les deux souffrirent autant. Neerath pour des raisons évidentes, et Harleen parce qu’elle ressentait dans sa chair et dans son esprit chaque lame de peur et de regret, ainsi que chaque coup de poing, qui meurtrissait sa sœur tant chérie.
Elles s’endormirent finalement en pleurs, se jurant fidélité même si les choses tournaient mal, et priant Ana’il de leur pardonner leur imprudence. Au matin, Neerath nue accourut vers sa sœur pour la réveiller et lui montrer l’objet de sa joie : les doigts d’une de ses mains ensanglantés. Loin d’être dégoûtée, Harleen fut immédiatement au diapason de sa sœur et faisant fi de tout, elles se serrèrent dans leurs bras.

○ They'll Clap When You're Gone ○

La nouvelle exsudait de tous les pores de la citadelle, jusque dans ses émanations rurales et aux confins de la baronnie. Merentha était malade. On ne savait trop de quoi, et pour beaucoup, il était déjà temps de s’interroger sur ce qu’allait devenir le trône de Blackthorne. La question de la succession datait, pour les élites, de la naissance des jumelles. Difficile de déterminer laquelle des deux prendrait la place de sa mère, le jour venu. Leur fusion laissait espérer qu’elles sauraient également s’entendre intelligemment sur ce point, sans causer de troubles en une bataille sororicide pour le pouvoir. L’ordre de leur naissance donnait la primeur à Harleen, mais on la connaissait plus comme une maîtresse de guerre et une gestionnaire pragmatique que comme une diplomate, au contraire de Neerath qui se distinguait par son art de parler, d’amadouer, de séduire – bien qu’elle ne puisse se passer du soutien logistique de sa sœur. Indubitablement, la couronne de Balaïa supporterait plus facilement Neerath, davantage encline à se prêter aux jeux de pouvoir de la capitale, plus à l’aise avec la culture orientale, plus semblable aux grandes dames du pays en somme. Mais les gens de la baronnie, eux, se reconnaissaient davantage en Harleen, forte et fidèle à l’héritage de l’ancien royaume et si défiante des usages d’une cour éloignée, aveugle aux réalités locales. On redoutait qu’une alliance friable entre les deux sœurs ne sonne le glas de l’unité de la baronnie. Alors, pour la première fois depuis des éons, le siège de Merentha allait-il passer aux mains d’un homme ? Erik le Sauvage, en tant que consort, avait-il véritablement une chance de devenir un baron pérenne à la place de ses filles ? Se pourrait-il que les aînées l’acceptent, en attendant de trouver chacune leur place, voire, que Mérit soit en âge de gouverner ?
Heureusement, la baronne se remit de ses fièvres – un miracle des Douze, assurait-on. Ce fut malgré tout un défi de tous les instants, pour elle, de tenir son rôle comme elle l’avait fait auparavant. Bien que sa guérison fut reconnue et qu’elle fît de plus en plus appel au soutien de ses filles et d’Erik, elle était plus faible, se lassait vite de ses charges, se montrait moins patiente et ses premières sorties vers les patrouilleurs la fatiguèrent tant qu’on lui conseilla vivement de ne pas se risquer à participer aux chasses.
C’était sans compter sur son caractère batailleur et son besoin, même, de chevaucher et de ressentir l’excitation de ce qui demeurait son activité préférée entre toutes. Sans cela, elle se serait sentie mourir à petit feu entre les murs de pierre, comme dans un immense sarcophage. Elle n’en fit qu’à sa tête et c’est ce qui la tua.
Lors d’une battue au cerf, son équipée fut confrontée à un groupe d’ouestriens venus pour la même raison. La frontière dépassée, ils n’avaient rien à faire là, et bien évidemment la rencontre dégénéra rapidement. En dépit de son courage et de sa ténacité, la baronne n’était pas au faîte de ses moyens, et c’est en voulant prêter main forte à l’un de ses hommes qu’elle oublia sa prudence. Sur ces terres enneigées, les pièges naturels étaient multiples : elle traversa sans le voir un étang gelé.
Son étalon lancé à pleine vitesse dérapa brusquement sur la surface et la cavalière ne sut pas mobiliser ses réflexes avant qu’il ne s’écroule lourdement sur elle.
Quand les chasseurs purent se presser à son chevet, il était déjà trop tard : son crâne fendu par le choc déversait lentement dans les fissures de glace son épais nectar pourpre.

Il y eut pour la dame de Blackthorne des funérailles grandioses, auxquelles les barons voisins furent conviés tandis que des messagers partaient disperser la nouvelle aux places fortes les plus éloignées du royaume.









Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 23/1/2017, 21:13

Histoire

Tous observèrent une grande retenue et firent montre de beaucoup de dignité lors de la cérémonie, en souvenir de la personnalité forte et juste de celle dont on célébrait la vie, pour un dernier adieu. Tous, sauf Mérit, qui malgré sa discipline ne pouvait retenir des pleurs étouffés ; Neerath comme Harleen ne manquèrent pas de le remarquer, tandis que leur père faisait semblant de rien, pressant simplement sa main dans le dos de sa cadette aussi discrètement que possible en signe de présence et de soutien.

Les jumelles n’avaient parfois nul besoin de mots pour se comprendre, l’expressivité d’un regard suffisant amplement. Neerath tourna vers sa sœur ses yeux brun clair, emplis à la fois de son habituelle malice à l’égard de la jeune blondinette de la portée, mais aussi d’un certain mépris jaloux qui avait toujours été latent dans leur relation. Elle songeait certainement qu’une fois de plus, on ne dirait rien au pauvre petit poussin, alors-même qu’il se montrait incapable de pudeur devant autant de gens importants. Peut-être même recueillerait-elle un surplus de compassion de la part des petits et grands nobles qui viendraient présenter leurs respects et condoléances à la famille, ce qui la ramenait à une posture d’enfant alors qu’elle était presque une femme. Faible et geignarde, indigne de l’importance de son rang, voilà comment Neerath voyait Mérit lorsque celle-ci ne se comportait pas comme elle l’aurait voulu.
Harleen interpréta ainsi cette œillade mais ne put s’empêcher d’y répondre par un rictus moins sévère. Elle savait que Neerath souffrait du décès prématuré de leur mère, tout comme elle, et voulait bien admettre qu’avec leur père elles avaient une attitude plus séante que la jeune fille. Mais elle ne pensait pas que cette dernière fît moins d’effort pour contenir sa douleur que les autres. Elle avait toujours été plus émotive – ou tout simplement plus sensible – qu’eux autres, et bien qu’elle ne sache pas plus que Neerath d’où venait ce trait de caractère, elle ne voulait pas l’en blâmer ce jour-là. Car, par un mouvement d’empathie qui ne lui venait que rarement envers elle, elle savait qu’elle n’en mènerait pas plus large si son double avait été sur le bûcher mortuaire à la place de leur mère.
Non qu’il s’agisse d’un désamour pour la défunte ; il était simplement évident que celle-ci avait été plus proche de Mérit que de ses aînées, et Harleen était si attachée à la belle et fière rousse se dressant près d’elle, qu’il ne lui était pas très difficile d’imaginer son propre sentiment.
Neerath ne sut peut-être pas exactement la raison de cette indulgence, mais elle dut en deviner une partie. Elle haussa les sourcils et reporta ses iris ambrés sur l’inanimée.

○ Nutshell ○

Merentha Ravran n’était plus. Le conseil s’était tenu et avait désigné la succession : il ne s’agirait pas d’une baronne… mais de deux, occupant le même siège et selon un titre équivalent. Les baronnes de Blackthorne n’avaient cure de l’excentricité de cet acte, ressentie par bon nombre de nobles balaïens à n’en pas douter. Nées ensemble, elles règneraient ensemble, et nul n’était en position de remettre en cause leur décision, pas même le consort dont le droit de gouvernance demeurait inférieur au leur. On ne mentionna pas l’accueil mitigé du conseil face à l’ascension d’un double pouvoir, naturellement, car il était nécessaire d’afficher l’unité dans cette transition. À la place, un compromis avait été conclu par les jumelles : elles n’avaient pas encore trente ans, et d’ici les Épreuves, on ne distinguerait pas l’une de l’autre en tant que chef de la baronnie. Une fois ce moment venu, la prédominance irait à celle des deux dont le champion aux Épreuves sortirait vainqueur.
Ce fut un sujet longtemps tu. Personne n’y revenait réellement, et ce n’est que bien plus tard que Neerath l’aborda, en privé, alors que dans sa chambre, quatre corps nus se prélassaient après une nuit de joueuse intimité, dans un désordre apaisé, une atmosphère où la fièvre du plaisir avait laissé la place à un bien-être accompli.
Les deux silhouettes masculines de Fendar et d’un autre guerrier nommé Hodrein sommeillaient comme deux grands fauves, leurs torses musculeux se soulevant et s’abaissant avec une quiétude à peine troublée par de légers ronflements. La sculpturale baronne couvait la scène de ses yeux espiègles, les lueurs de l’âtre dansant dans les reflets érubescents de sa chevelure ; son double à la crinière de nuit gisant, songeur, au bord du lit, et ne la quittant pas de ses iris identiques.
Posant son verre de vin, Neerath se releva finalement pour la s’étendre tout près d’elle. Elles restèrent un instant ainsi, communiquant dans le silence de leurs regards.

« Déjà vingt-sept années, chuchota la rousse.
- Tu te fais vieille », rétorqua la brune sur le même ton.

Le rire léger qu’elles partagèrent fit frémir la large carcasse de Fendar, qui remua, puis soupira sans s’éveiller. Les prunelles de Neerath se colorèrent d’une ombre de sérieux.

« Dans trois ans jour pour jour, tu seras baronne.
- Ne dis pas ça, souffla Harleen, tu sais bien que je n’en ai pas envie.
- Et tu sais que ça n’a rien à voir avec la réalité.
- La réalité c’est que tu es plus douée que moi pour ça. Tu fais une meilleure suzeraine que moi aux yeux de Korina. Tu sais te mêler à eux, tu as la finesse que cela requiert, tu n’as pas besoin des armes pour obtenir ce que tu veux. Une baronne telle que toi…
- … aura besoin de toi, quoi qu’il arrive.
- Je sais. Mais comme seconde.
- Nous ne déciderons pas. Le conseil est toujours divisé. Les adeptes de la culture étrangère me veulent, mais tous les autres ne voient que toi. Le peuple ne voit que toi. Tu es l’image de nos reines passées. C’est parce que tu es là pour me guider qu’ils m’aiment. Je ne sais plaire qu’à la minorité des puissants.
- Et aux hommes de toutes conditions, coupa Harleen avec un sourire entendu.
- En parlant de ça, reprit Neerath en le lui rendant. Nous avons accepté toutes les deux la condition qui t’érigera à la tête de Blackthorne.
- Quoi encore ?
- Fendar. »

Harleen fronça les sourcils. La pénombre entrelacée aux flammes fit passer sur son visage un air boudeur.

« Les Épreuves arriveront vite, poursuivit sa sœur. Il a de bonnes chances de les remporter. De très bonnes chances.
- Ne sois pas comme père.
- Il a pourtant raison.
- Sérieusement, Neerath, tu…
- Chhht… »

La rousse posa un doigt taiseux sur les lèvres de son reflet. Il ne fallait pas hausser le ton sous peine de réveiller le principal intéressé, ni son acolyte.

« Tu le vois à la place de père ? Sois honnête.
- Au moins il y aurait quelqu’un à sa place. Passés notre anniversaire on ne pourra plus faire autrement, et on ne peut plus changer cet arrangement. »

Harleen soupira, mais ne pipa mot.

« Il va remporter les épreuves et c’est bien le seul que je n’ai jamais eu de chance de te voler, ajouta Neerath avec un clin d’œil taquin. Il ne me choisira pas.
- Je pourrai toujours le refuser.
- Harleen, pourquoi ? Tu es toujours si dure avec lui.
- Il est irrespectueux de notre sexe.
- Mais il t’aime – ou bien si tu crois qu’il ne t’aime pas, au moins reconnais qu’il t’admire. Sincèrement. Et il apprendra.
- Au bout de combien de luttes… ?
- Qu’importe. Tout ce que veut le conseil, c’est d’un front sur lequel poser la couronne du Roi Cornu. Fendar sera consort mais c’est ta parole qui fera loi. Et je serai là. »

Neerath serra la main de Harleen sans la sienne, plongeant dans ses iris un regard synonyme de serment.

« Tu me le jures ?
- Par le nom de tous les Douze. De tous les dieux et esprits du monde. Jamais je ne pourrai t’abandonner. »

Harleen inclina le menton, joignant leurs fronts.

« Nous sommes une.
- Nous sommes une. »


○ A Natural Disaster ○

Elles patrouillaient ensemble dans la grisaille d’une tempête de neige sur le point d’engloutir toute la lande. La troupe qui les suivait comportait une dizaine de bras armés, cinq cavaliers et cavalières, trois fantassins et deux archères. Ces deux derniers partirent en éclaireurs dans un bois au pied des montagnes, sur ordre de Neerath, pour informer le groupe avant qu’il ne s’y abrite. La voie semblait libre et ils s’enfoncèrent progressivement dans l’épaisseur sombre du couvert végétal.

« Votre seigneurie. »

C’était Fendar. Toute sa hauteur juchée sur un des plus puissants étalons de la garde, il dépassait tout le monde et son regard inquiet scrutait le moindre espace au sol comme dans les branchages.

« Qu’y a-t-il ? répondit Harleen.
- La tempête approche et on nous a rapporté une activité régulière des ouestriens dans cette zone.
- Oui. C’est pour cette raison que nous sommes là », l’interrompit-elle sans le regarder.

Fendar pinça les lèvres, réprimant un tic agacé.

« Redoutes-tu quelque chose, Fendar ? l’encouragea Neerath.
- Nous ne devrions pas avancer trop profondément dans la forêt. Il est très probable que les intrus s’y soient également rassemblés du fait du temps qui s’annonce, et nous sommes peu nombreux. Nous ne pourrions pas faire face à un camp entier.
- Un camp ? Les ouestriens sont généralement à pied et dépassent à peine la demi-douzaine… objecta Neerath, circonspecte.
- Les dernières patrouilles ont rapporté des portraits très similaires des ouestriens renvoyés, en un délai trop court pour qu’on ne considère pas la possibilité d’une installation. Et il y a des grottes par ici qui s’y prêtent.
- Il dit vrai, intervint Harleen, souvent plus au fait du détail des rapports que sa sœur. L’expédition de Hodrein est-elle revenue ?
- Pas encore… répondit le guerrier en dirigeant sa mine sombre vers le secret des bois. Ils ont peut-être été empêchés par les neiges de ces derniers jours.
- Je l’espère. Que suggérez-vous ? demanda Neerath en arrêtant son cheval – imitée par le groupe.
- Je pense que nous devrions rentrer en direction de Blackthorne, en faisant halte dans un camp de chasseurs sur le chemin pour éviter le plus gros de la tempête.
- Avec un peu de chance, Hodrein aura fait de même, nous pourrions les rejoindre et augmenter les rangs », admit Harleen.

La recommandation de Fendar reçut aussi l’approbation muette d’une bonne partie de la suite.
Le bruissement d’un pas qui court se fit entendre à ce moment-là non loin d’eux, en direction du nord. Harleen donna l’ordre de se mettre en garde, mais bien vite on reconnut l’une des archères du groupe, essoufflée, le visage rougi par sa course et les yeux écarquillés, en alerte.

« Ouestriens à une lieue et demie ! Ils ont… »

Un trait de flèche la coupa dans son élan, la pointe transperçant violemment sa gorge dans une gerbe de sang. La jument de Neerath hennit en sentant l’odeur métallique, avant d’être reprise par sa cavalière qui cria à de se mettre à couvert.
Dispersés parmi les arbres, le groupe se tenait prêt à contre-attaquer. Un fantassin repéra l’archer ennemi et une autre archère, en position avancée dans les arbres, fit mouche presque immédiatement. L’adversaire tomba d’un arbre, à moins d’une dizaine de pieds des cavaliers. Son corps s’écrasa, bientôt achevé d’un coup d’épée par le fantassin.

« Restez vigilants ! cria Harleen, et tous savaient qu’un éclaireur n’est jamais seul. Fantassins en seconde ligne, derrière les archères !
- Cavalerie en demi-lune, par six pieds ! » relança Neerath.

L’ordre de marche établi, ils poussèrent plus avant leur mouvement, aux aguets, mais à un bon rythme, sûrs d’être bientôt en contact avec d’autres ouestriens.

Quelques minutes plus tard ils entendirent des cris au loin, suivis d’un plus fort que les autres, plus proche, mais aussi plus déchirant. On venait de tuer quelqu’un. Se pressant dans cette direction, la troupe en marche tomba sur trois ouestriens dont un archer, qui logea au moins deux de ses flèches dans le corps des fantassins de front – qui toutefois eurent le dessus bien vite, aidés des éclaireuses. Mais on voyait déjà un peu plus loin la lumière de feux de campement, et bientôt ce fut tout un groupe d’ouestriens, une douzaine, qui fondit sur les lignes de Blackthorne. Supérieurs en méthode et en discipline, les deux baronnes et leurs guerriers prirent le terrain. Il y avait là des tentes, un creux dans la roche où craquait un large feu, des provisions pour une semaine… mais ils firent également une funeste découverte à l’écart : la patrouille de Hodrein et des autres s’était terminée dans le sang, il n’y avait aucun survivant. Leurs cadavres étaient entassés comme du gibier ou des déchets, dépouillés de leurs effets.
Maculé de sang ouestrien, le visage de Fendar se crispa. Mettant pied à terre, il marcha d’un pas vif vers une ouestrienne mourante, poussant brutalement le fantassin qui s’apprêtait à l’achever, et laissa se déverser sa colère avec une bestialité révulsante, pulvérisant la face de la guerrière de sa hache.

« Assez. »

Le ton de Harleen était sans appel et suffit à faire hésiter Fendar, qui se rendit compte de son geste et l’interrompit. Elle descendit également du dos de sa monture, et vit sur ses traits trempés de rouge sombre un rictus étrange, qu’elle ne sut pas analyser. Fendar sembla perdu, l’espace d’une seconde, comme s’il avait frappé un ami.

« Tu reconnais quelque chose ? interrogea-t-elle.
- Non. »

Il avait répondu sans l’ombre d’une hésitation, et elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il ne mentait pas. Pourtant quelque chose chez lui semblait l’ancrer ailleurs. Elle voulait savoir quoi, mais n’eut pas le temps de formuler une autre phrase en ce sens.

Un cri de douleur perça l’air immobile dans son dos, suivi de près par un autre :

« ARCHERS ! »

Une des fantassins venait de tomber. Deux autres la tiraient par les épaules vers le creux, deux cavaliers se lançaient pour prendre l’ennemi en tenaille, et une archère réussit à faire tomber l’un des hommes embusqués.
L’épée tirée, Harleen tentait de repérer les autres tout en cherchant un point stratégique, mais là encore elle fut prise de court.

« Harleen couche-toi ! »

Neerath se jetait sur elle la seconde suivante, mais son cri n’était pas celui de quelqu’un qui plonge simplement à terre. Il ne fallut qu’un battement de cil à sa jumelle pour se retourner et aviser la flèche plantée dans son dos.

« Non… Non ! »

Passant son bras sous l’épaule de la rousse, elle se débattit pour se traîner avec elle à l’abri d’un arbre, puis enfin la tourner sur le côté. La flèche avait traversé le buste, en plein milieu de son plastron on devinait la pointe qui n’avait pas fait son chemin à travers l’épaisseur du cuir frontal. Le souffle de la guerrière s’accéléra immédiatement, ses doigts s’activant pour défaire l’équipement – mais elle ne parvenait pas à quitter des yeux le visage de sa sœur, ses yeux fauves marqués par l’effroi et ses lèvres qui déversèrent une rivière de sang dans une tentative malheureuse de s’exprimer.

« Chhht cht cht cht tais-toi, tais-toi… »

Sous le plastron épais, le pourpoint était déjà inondé de sang frais sur un rayon d’une main. Le cœur d’Harleen eut un raté lorsqu’il comprit que son miroir était brisé. L’attaquant avait décoché d’un de ces traits dont on ne se relève pas.
Elle avala douloureusement sa salive, sachant que si elle tentait de casser la flèche pour la retirer, cela ne ferait qu’aggraver la situation. Il fallait l’y laisser, et peut-être – elle voulait en être sûre, luttant contre elle-même – Neerath aurait-elle une chance de tenir jusqu’à Backthorne.

« FENDAR ! »

Son hurlement était différent de ce qu’elle aurait voulu. Lorsqu’il arrêta la course de son destrier et sauta près d’elles, elle vit dans ses yeux inquiets qu’il avait compris.

« Ils sont en déroute… » commença-t-il.

Mais en voyant la blessure et tout le sang que perdait Neerath, sa voix se tarit.

« Je prends ton cheval, aide-moi, je monte et tu m’aides à la poser devant moi, je peux la sauver, il faut l’attacher, qu’elle ne bouge pas… »

Ses morceaux d’ordres et de supplications se mélangeaient, même ivre morte elle n’avait jamais senti le monde se dérober sous ses pieds comme à ce moment-là. Fendar l’aida à couvrir et à sangler Neerath contre elle et, serrant son poignet, tenta de la rassurer.

« Nous les aurons. »

Harleen eut un hochement de tête absent, et il frappa la croupe de l’étalon qui bondit à toute vitesse vers le sud.
La main de Neerath monta vers le cou de la brune, pour y loger une caresse. De l’autre côté reposait sa tête, et de ses prunelles déjà absentes s’échappèrent des larmes dont seuls les dieux furent témoins.


○ Offering ○

Harleen rêvait.
Elle voyait les hauts murs de pierre de Blackthorne se découper dans les tourbillons de neige que le cheval fendait avec force et bravoure. Ses talons le poussaient toujours plus, elle y croyait encore, mais elle devait faire vite.
Elle eut l’impression d’entendre Neerath lui murmurer d’une voix sereine la promesse qu’elle lui avait faite quelques mois plus tôt : « Je serai là. »
Quelque chose changea. Neerath n’était pas appuyée contre elle sur la selle de leur monture. Harleen prit peur, ayant le sentiment que Neerath était déjà à Blackthorne, et qu’il fallait qu’elle se dépêche d’autant plus.
Lorsque les portes de la citadelle s’ouvrirent devant elle, le décor changea.
Elle n’était plus à dos de cheval. D’ailleurs elle était nue, et c’était la porte de sa chambre qui s’ouvrait. Neerath était là, belle à se damner, ses longues boucles rougeoyant avec les couleurs du feu de cheminée. Elle lui souriait chaleureusement. Rassurée, Harleen alla simplement s’étendre au pied du lit, où dormaient toujours Fendar et Hodrein.
Neerath posa son verre de vin, se leva avec souplesse et vint à son tour se coucher, tout près d’elle.

« Qu’est-ce qui nous est arrivé, Neerath ? »

La question engendra un rire très doux de la part de la rousse, qui prit la main de sa jumelle et y déposa un baiser.

« Quel jour sommes-nous ? demanda-t-elle encore.
- Qu’importe. Tout ce que veut le conseil, c’est d’un front sur lequel poser la couronne du Roi Cornu. Fendar sera consort mais c’est ta parole qui fera loi. Et je serai là. »

Harleen comprit, et les larmes affleurèrent à ses cils. De son autre main, Neerath lissa ses cheveux d’ébène, son visage témoignant avec sérénité d’une tendresse infinie.

« Tu me le jures ?
- Par le nom de tous les Douze. De tous les dieux et esprits du monde. Jamais je ne pourrai t’abandonner. »

Harleen ne put s’empêcher d’éclater en sanglots, serrant entre les siens les doigts graciles de sa sœur. Celle-ci embrassa son front, ses yeux clos, ses lèvres.

« Je t’aime. »

Selon le même ordre, Harleen lui rendit ses baisers, avec le poids fiévreux de la perte.

« Nous sommes une.
- Nous sommes une. »


○ Dead But Dreaming ○

Et le rêve cessa.
Comme le ressac, la réalité revint frapper le rivage de la conscience. La plage, les galets, la respiration de l’océan, et le vent iodé qui avait séché ses vêtements et ses larmes en laissant sur elle la marque saline de la torpeur.
Elle se releva. Morte-vivante.


○ Winter ○

Occupé à faire le mur au lieu de son travail au moulin, un garçonnet chassait les grenouilles près de la rivière voisine en compagnie de son chien, quand celui-ci se mit à aboyer, le nez rivé vers l’est. Son petit maître, à peine plus haut que lui, accourut pour voir un cavalier émerger de la grisaille de l’après-midi – ou plutôt non, une cavalière, en bien piteux état qui plus est. Hésitant à se montrer là où on devait l’attendre pour le punir de sa fainéantise, il se cacha dans le creux du cours d’eau, mais son gardien ne suivait pas.
Grondant et montrant les dents, il continuait de donner de la voix, de plus en plus fermement, à l’adresse de la femme et de son destrier qui s’avançait au pas.

« Pssst ! PSSST ! Rognar !! PSSSSSSSSSST !! »

Rien n’y fit, et le pauvre petit en oublia tant et si bien la proximité de la « menace » qu’il se fit entendre d’elle.

« Gamin » croassa la voix rauque.

D’abord recroquevillé dans sa cachette sous la surprise, le garçon osa sa paire d’yeux au-dessus des herbes.

« Rappelle ton foutu clébard. »

Une seconde de trop, il hésita.

« RAPPELLE-LE ! »

La voix était comme un coup de tonnerre et le petit tomba le derrière dans l’eau, alors que son chien redoublait de défiance. Bien trop pleutre pour rester et obéir, il courut vers le moulin – la correction qui l’attendait l’effrayait beaucoup moins – en criant de sa voix aigüe.

Harleen grommela, toussa, grommela encore. Elle n’avait jamais su y faire avec les enfants, de toute façon, et n’avais pas la force d’essayer. Mais le dogue lui barrait toujours la route et son cheval commençait à piaffer…
Opportunément, aux cris de son enfant et au son insistant des aboiements, la femme du meunier avait sorti le nez de sa farine et se pressait à la rencontre de...

« Par les dieux ! M’dame ! Toutes mes excuses… »

Passant une muselière à son animal, elle le tira vivement sur le bas-côté.

« J’vous d’mande pardon M’dame, c’est qu’on savait pas qu’c’était vous… »

Elle n’osait pas regarder Harleen en face, mais celle-ci savait très bien qu’elle en mourait d’envie. La cohorte funéraire était rentrée la veille sans elle, tout Blackthorne devait être au courant et les murmures devaient aller bon train sur ce qui avait pu lui arriver la nuit dernière, seule et si près des limites du territoire. Son état lamentable n’était pas pour calmer tout ce petit monde.
Toutefois, elle n’en avait cure.
À peine la gueuse avait-elle fini de parler que la baronne leur avait tourné le dos, à elle et à son enfer de molosse hirsute.

Ses prévisions se confirmèrent quand elle arriva à la citadelle. Un homme du peuple qui passait en sens inverse avait pris sur lui de courir avertir les gardes de son arrivée, et bien sûr, tous dardaient vers elle leurs petits regards circonspects, inquiets, choqués même parfois. En temps normal elle aurait été heureuse de les voir : chaque retour de chasse était une petite fête, car elle les connaissait tous au moins un peu, et les sourires qu’elle échangeait avec eux étaient sincères. Mais pas cette fois. Il suffit d’un garde pour lui proposer son escorte, qu’elle envoya rudement balader, pour que l’ensemble des spectateurs comprenne qu’il valait mieux rester à distance.

Les portes de la citadelle se refermèrent derrière elle, et leur crissement sinistre faisait écho à la mine sombre affichée par ceux qu’elle plantait là, sans un mot.

Descendue de cheval elle ignora superbement toute personne cherchant à lui rendre service, dirigeant ses pas vers l’intérieur du château avec une seule question pour guide :

« Où est mon père ? »

Quand elle fut devant lui, il comprit immédiatement que ce n’était pas à lui de parler. Sale, les cheveux encore mouillés et ses lainages piquetés de sel et de sable, elle ne dardait pas moins sur lui ses yeux durs et froids, barbouillés de ce qui avait été le maquillage rituel de l’événement, et qui lui donnait maintenant l’air d’une noyée.
Un long silence plana d’abord.

« Je veux que personne ne me parle ni ne m’importune jusqu’à nouvel ordre. »

Le ton était monocorde et sec. Erik acquiesça doucement.

« Pas même Mérit, ni vous. »

Nouveau hochement de tête. Sage et conscient que quoi qu’il dise, quoi qu’il pense, elle n’était pas prête à l’écouter ni à le comprendre, il se rangeait à ses décisions, même s’il espérait qu’elles soient abrogées rapidement. Après tout, il était normal qu’elle bénéficie d’un peu de temps, puisqu’il était là pour assurer la transition.
Harleen tourna les talons, et sortit de la pièce en feulant :

« Et surtout pas Fendar. »


○ How To Disappear Completely ○

Pendant presque une semaine entière, elle resta confinée dans sa chambre.
Le premier jour, les servantes qui préparaient son bain vinrent comme d’habitude à l’aube, mais furent accueillies de si violente manière qu’elles fuirent pratiquement la chambre comme si un dragon y avait élu domicile. Les cris furieux de la baronne avaient alertés les gardes, mais devant les sérieuses mises en garde des servantes, eux aussi reçurent le message et s’y tinrent.
Le troisième jour, Harleen daigna prendre un bain. Le sel irritait si bien son cuir chevelu qu’elle en devenait folle et se grattait jusqu’au sang, quand elle ne s’arrachait pas les cheveux – elle avait découvert que dans sa chevelure noire de suie s’invitaient des intrus argentés, et son état moral rendait ce détail obsédant.
Le quatrième jour, forte de ce changement dans son enfermement et indignée que personne n’ait su lui forcer la main pour son bien, la nourrice qui l’avait choyée enfant s’imposa à ses quartiers, les bras chargés d’un lourd plateau de victuailles pour le souper. Malheureusement, si elle avait espéré que son statut lui vaudrait d’être mieux traitée que ses prédécesseurs, elle fut brusquement détrompée par la colère de la jeune femme, qui lui renversa violemment le plateau des mains tout en hurlant qu’elle avait donné un ordre clair via son père.
La vieille ressortit de là quasiment traînée par l’ingrate, mais eut tout de même l’audace d’exprimer à son sire son inquiétude, faisant au passage le récit de cet épisode qui lui tirait des larmes.

Erik, las de recevoir ce genre de plaintes de la part de serviteurs moins discrets que les autres, quand il devait en plus assumer un poste de chef qui n’était pas le sien, décida que puisque sa fille n’en faisait qu’à sa tête et refusait de se conduire de manière responsable, il était temps qu’il cesse tout effort lui aussi.
Il convoqua Fendar, et révoqua son interdiction expresse d’approcher Harleen le temps de son deuil.
Bien conscient des affaires qui se jouaient entre ces deux-là, il était certain que le grand gaillard ne mettrait pas longtemps à pousser la porte des appartements de la baronne, qu’elle le veuille ou non. Fendar, pas complètement stupide, se doutait bien que le baron-régent espérait qu’il prenne les coups pour un autre en tentant de ramener sa belle à la raison – ce que, clairement, personne n’avait envie de faire, tant on connaissait Harleen pour la brutalité de ses coups de sang. Malgré cela, il acquiesça d’un air entendu aux mots de celui qu’il espérait un jour appeler « père », et les deux hommes se quittèrent sur cet accord implicite.


○ Shadowman ○

« Nom d’un étron fumant, qu’est-ce que tu fais ici ? »

Le guerrier ne s’attendait pas à un bon accueil, certes, mais ça ne l’empêcha pas de faire tomber un regard froissé vers Harleen, qui pataugeait dans le grand bac vaporeux où les servantes avaient rempli un deuxième bain, avant de filer sans doute sans se risquer à faire de remarques sur le surplus d’efforts qu’un tel luxe leur demandait (peut-être pour ne pas fâcher leur dame, peut-être parce qu’elles pensaient comme beaucoup que ça n’était pas de trop pour récurer cinq jours de crasse).

« Je suis venu voir comment tu allais. »

Aussitôt, Harleen écrasa un éclat de rire, suivit d’un ricanement qui ressemblait drôlement à celui qu’elle avait quand une soirée arrosée se terminait aux baraquements de la garde. Confirmant cette impression, elle se pencha pour attraper, au pied de la vasque, une bouteille de vin qu’elle but au goulot.

Dans l’heure qui s’ensuivit, Fendar subit avec amertume une série de piques plus aléatoires les unes que les autres, où la cohérence n’était pas toujours au rendez-vous, et se heurta à la surdité volontaire de la jeune femme qui ne voulait rien savoir de ses louables intentions. Elle passa par tout son spectre d’humeurs, jusqu’à lâcher un méprisant :

« Si tu me voulais vraiment, pourquoi n’es-tu pas mort à la place de ma sœur ? »

La violence de cette remarque laissa Fendar interdit, une fureur de bête montant au galop de ses entrailles pour armer ses poings de la brûlante envie de frapper le visage d’Harleen. Mais c’est alors qu’il les vit.
Les larmes dans ses yeux.
Il n’avait jamais considéré que ce jour arriverait où, seul avec elle, il serait témoin d’un vrai moment de faiblesse de la jeune femme. Et le caractère improbable de ce simple événement le désarçonna.
Brusquement submergée par la honte, Harleen se détourna de lui, enclenchant le processus. Elle venait de se montrer vulnérable devant Fendar, celui qui voulait la soumettre en la prouvant inférieure à un homme, celui qui voulait l’épouser pour mieux la tenir en laisse. Elle avait perdu le combat.
Ivre et abattue au dernier degré, elle frappa la bouteille de vin sur le bord du bac, et celle-ci explosa en dizaines de tessons acérés qui tombèrent aussi bien dans le bain qu’à côté. Son bras maculé d’alcool plongea vers le fond pour en attraper un, avec la ferme intention de le brandir.
Elle ne savait pas encore qui, d’elle ou du guerrier, elle allait occire en en premier.
Mais les deux bras puissants de celui-ci l’entourèrent rapidement et, rendue maladroite par les quantités de vin ingurgitées, elle ne parvint pas à lutter.

Se débattant comme elle pouvait, elle criait, ruait en tous sens, mais Fendar la tenait et l’entravait si bien qu’ayant toute son acuité, elle aurait compris qu’il valait mieux se laisser faire et attendre le bon moment. Mais le grand brun dut au contraire faire preuve d’autant de patience que de force maîtrisée, afin de l’amener jusque sur son lit et de l’enrubanner dans les fourrures et les draps de laine – et qu’enfin elle ne bouge plus. Très affaiblie par son jeûne et par l’ivrognerie, forcée d’abdiquer, Harleen éclata en sanglots, articulant mal ce qui se muait en supplications désespérées, que Fendar fit semblant de ne pas entendre.
Il ne voulait pas l’entendre prier les dieux de l’emporter. Il la serrait contre lui et murmurait à son oreille, comme pour barrer la route tant à ses mots qu’à leurs immortels récipiendaires. Pour qu’ils la lui laissent, elle qu’il désirait tant pour lui seul.

Les servantes ne vinrent pas débarrasser le bain.
Harleen finit par s’endormir, comme morte, dans ses bras.


○ Black Of Hair ○

Quand, au matin, elle lui fit promettre que les événements de la nuit resteraient entre eux, elle était animée d’un feu nouveau. Qu’il en soit tout à fait conscient ou non, Fendar avait ravivé en elle la conscience de sa propre force, et de l’interdiction qu’elle s’était faite de jamais fléchir devant qui la voulait brisée pour de bon.

« Je leur ferai payer » affirma-t-elle, avec en tête la vision de ses mains pleines du sang de Neerath, et de celui qu’elles tueraient pour son meurtre.


... À SUIVRE.
Crédits titres : Celtic Frost, Skyrim OST, Orphaned Land, Chelsea Wolfe, The Village OST, Nine Inch Nails, A Perfect Circle, Game Of Thrones OST, Chelsea Wolfe, Alice In Chains, Anathema, Rajna, Watain, Celtic Frost, Radiohead, K’s Choice, Game of Thrones OST.








Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageHarleen 2 23/1/2017, 23:07
AH BAH VOILA ! ♥ je peux enfin te souhaiter la bienvenue officiellement sur TSOR *-*
*creuse un petit lit douillet* j'espère que tu te plairas parmi nous et surtout si tu as des questions concernant la belle Harleen n'hésite surtout pas
PS : Je plussoie tes goûts musicaux à fond *-*
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 24/1/2017, 01:26
Merciiiiiiiiiiiii rhooow *_*
Je vais sans doute encore un peu squatter mon sujet dans la zone invités si ça dérange pas...

Autrement, j'ai profité de mon petit passage nocturne pour poster l'avis de Harleen au sujet d'Élise. La suite plus tard ! *pour l'heure, se roule en boule dans le nid avec pour intention d'y ronfler*

EDIT - Ah si, j'y pense ! Est-ce que c'est possible de me réserver le prédéf ? Je l'aurais mauvaise que quelqu'un arrive en coup de vent et me la pique haha xD
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: OPEN ♥
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t128-les-clochettes-des-bois-merit-ravran#bottom http://thesongofravens.forumactif.org/t108-merit-ravran
▲ MESSAGES : 178
▲ ÂGE : 19 ans
▲ RACE : Humain
▲ STATUT SOCIAL : Noble
▲ LIEU : Baronnie Ravran, Forêt Thornewood
▲ METIER OU OCCUPATION : Guérisseuse
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Imogen Poots ©freschamp
▲ MULTICOMPTES : Nyecia la Flamboyante
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 24/1/2017, 07:29
BIENVENUE HARLEEEEEEEEEEEEEEEEEN!!

Tu écris juste... magnifiquement bien! Si bien détaillé et fluide à la fois, franchement c'est super agréable à lire Hâte de lire la suite!

_________________

It is in the still silence of nature
where one will find true bliss
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: 2/4
Voir le profil de l'utilisateur
▲ MESSAGES : 381
▲ ÂGE : On ne demande pas l'âge d'une dame !
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble
▲ LIEU : Julatsa
▲ METIER OU OCCUPATION : Mage Ensorceleuse
▲ ALLEGEANCE : Les Cités Collegiales
▲ AVATAR & CREDITS : Emilia Clarke - Sélène ❤
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 24/1/2017, 16:47
Bienvenue officiellement Harleen
Je suis ravie de te voir enfin parmi nous
Je vais te réserve ton prédéfini of course.

Voici tes cookies de bienvenue
J'espère que tu sera bien avec nous !

_________________
« Ma fille, ma douce Ciryial, tu grandis tellement vite et j'aimerais te garder auprès de moi, mais l'Appel ne se trompe pas, tu es prête à embrasser ton destin »
♣ ♠   CIRYIAL NEL LLYÜWEN ♠ ♣
STORY OF MY LIFE - FRIENDS & FOES
© Dita | Epicode
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 24/1/2017, 18:02
ça ne dérange absolument pas *-* raah j'ai hâte de voir ce que tu nous réserves pour la suite car là c'est de la haute voltige
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 25/1/2017, 02:02
Oh merci mon petit canari ♥ J'espère très fort qu'on pourra vite s'écrire, toi et moi !

Merci beaucoup Ciri ! J'suis gâtée en plus de ça Very Happy *se jette sur un welcome cookie et partage les trois autres avec les plus belles - parce que bon, quand même, on est pas des chiens*
Je ne vois pas de raison pour l'instant de me sentir mal à l'aise dans le nid, donc ça n'augure que du bon !

Et merci Van *-* vos compliments me vont droit au cœur, vraiment ! Je me fais plaisir et c'est super de savoir que vous appréciez aussi. ♥

Petite update, l'opinion vis-à-vis des dragons a été ajoutée un peu plus tôt et je viens de rajouter une partie de la bio, le prochain segment sera rétrospectif histoire de détailler un peu les souvenirs de la sauvageonne...
Je continue de mijoter tout ça !

_________________
We were as one
They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: OPEN ♥
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t128-les-clochettes-des-bois-merit-ravran#bottom http://thesongofravens.forumactif.org/t108-merit-ravran
▲ MESSAGES : 178
▲ ÂGE : 19 ans
▲ RACE : Humain
▲ STATUT SOCIAL : Noble
▲ LIEU : Baronnie Ravran, Forêt Thornewood
▲ METIER OU OCCUPATION : Guérisseuse
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Imogen Poots ©freschamp
▲ MULTICOMPTES : Nyecia la Flamboyante
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 25/1/2017, 17:16
J'ai hâte de lire la suite *en veux encore xD*

_________________

It is in the still silence of nature
where one will find true bliss
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 12:52
Petit post pour vous donner des news : après les turpitudes de mon déménagement, je suis de nouveau en plein dans ma bio !

J'ai également écrit la réponse à la dernière question mais je vais peut-être la retoucher, aussi n'hésitez pas à me dire s'il y a un gros contresens (ou bien j'attendrai la modération bien sagement).

Merci encore pour vos encouragements ! ♥
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 13:42
*tape des pieds*
J'en veuuux encore !

Pour moi la réponse à la dernière question est parfaite tout comme le début de ta bio *-*
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 13:47
Ok, nickel alors. Merci une fois de plus pour l'aide et la patience ♥

_________________
We were as one
They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 13:57
De rien ma belle ♥ c'est tout à fait normal ^^
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 23:05
Vanwyn Nel Aënor a écrit:
*tape des pieds*
J'en veuuux encore !

Brace yourself, 12 Word pages are coming. xD
Il me reste pas grand chose, un petit bout à propos de Mérit, un autre suivant la suggestion que tu m'as donnée là où je pose mes questions, et j'aurais pu continuer un peu mais je veux pas non plus abuser (je sais que des fois c'est vraiment relou de se taper des fiches trop longues et bon, je sais déjà pas faire bref ->).

Bientôt fini donc !
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 14/2/2017, 23:56
non sérieusement les fiches longues et bien écrites j'adore *-* donc fais toi plaisir =p
(surtout que ta plume se lit toute seule *-*)
MAIIS en vrai je suis pressée de pouvoir jouer avec toi donc je vais t'épargner le fait de me faire 12 pages words juste pour me contenter =p

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 15/2/2017, 09:06
C'est gentil ♥

Haha mais c'est même pas une blague, y a vraiment 20 pages dont 12 de biographie... pour l'instant.

*se dépêche, se dépêche*

_________________
We were as one
They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageHarleen 2 15/2/2017, 12:25

tu vas faire ma journée *-*
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t83-your-fight-is-over-vanwyn-nel-aenor http://thesongofravens.forumactif.org/t67-vanwyn-nel-aenor-warri
▲ MESSAGES : 630
▲ ÂGE : 150 ans
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble, héritière de la famille Aënor
▲ LIEU : Korina
▲ METIER OU OCCUPATION : Mercenaire, elle appartient au groupe des Ravens
▲ ALLEGEANCE : Les Renégats
▲ AVATAR & CREDITS : Jaimie Alexander - vintage phonic
▲ MULTICOMPTES : x
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 17/2/2017, 15:28

Félicitations !






Une excellente fiche *-* Les détails sont là et tu as parfaitement cerné Harleen et le mode de vie de la Baronnie Ravran. Ces pages words de lecture sont passées très vite !


Te voila validé(e) ! Déjà, tu peux admirer ta magnifique couleur et aller te la péter sur la CB, ensuite tu peux aller poster une fiche de liens afin que nos petits membres puissent tisser des liens avec toi. Tu pourras aussi jeter un coup d'oeil aux quêtes disponibles pour ton allégeance. Sinon tu peux également flooder tel un malpropre et perdre du temps en bonne et due forme. Pense à remplir les champs de ton profil et, surtout, amuse-toi bien ! :3

Le staff de TSOR.
© Grey WIND.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: OPEN ♥
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t128-les-clochettes-des-bois-merit-ravran#bottom http://thesongofravens.forumactif.org/t108-merit-ravran
▲ MESSAGES : 178
▲ ÂGE : 19 ans
▲ RACE : Humain
▲ STATUT SOCIAL : Noble
▲ LIEU : Baronnie Ravran, Forêt Thornewood
▲ METIER OU OCCUPATION : Guérisseuse
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Imogen Poots ©freschamp
▲ MULTICOMPTES : Nyecia la Flamboyante
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 18/2/2017, 13:53
Tu es validéééééééééééééééééééééééé
Soeureeeette *cherche un smiley câlin t_t *

N'empêche, les 20 pages sont super bien passées, car arrivée à la fin la réaction que j'ai eu: "Quoi déjà? Ah non mais je veux la suite moi. Encore!" xD

_________________

It is in the still silence of nature
where one will find true bliss
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: Bring it on !
Voir le profil de l'utilisateur http://thesongofravens.forumactif.org/t222-harleen-ravran-x-a-pack-of-wolves-a-flock-of-ravens http://thesongofravens.forumactif.org/t221-harleen-ravran-x-howl
▲ MESSAGES : 207
▲ ÂGE : 28 ans
▲ RACE : Humaine
▲ STATUT SOCIAL : Baronne de Blackthorne, au sud-ouest de Balaïa
▲ LIEU : Principalement à Blackthorne, siège de la baronnie, mais on peut la trouver un peu partout (chasses, patrouilles, visites officielles...)
▲ METIER OU OCCUPATION : Régner sur un fief, c'est déjà pas mal !
▲ ALLEGEANCE : Le Culte des Douze
▲ AVATAR & CREDITS : Avatar : Olga Kurylenko, par Arté. Sign : code Ms.Palmer, gifs tumblr, texte "The Waves Have Come" (Chelsea Wolfe). Thème : Anilah ft. Einar Selvik, "Warrior".
▲ MULTICOMPTES : Aucun
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 18/2/2017, 14:30
Hahaha XD T'inquiète, toi ça devrait pas être difficile de te noyer encore un peu dans mon blabla... #RPiscoming

*ne trouve pas le smiley non plus, alors en vole un quelque part*


Merci beaucoup, c'est vraiment gentil


_________________
We were as one
They took your smell, they took your shadow, and I'm searching through faces for someone familiar. I clawed and I clawed but I couldn't find you there. You wouldn't wake, I couldn't sleep for years. The waves have come and taken you to sea, never to return to me.+ ms.palmer & Ch.Wolfe
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Feuille de personnage
▲ DANS MA SACOCHE:
▲ CAPACITES:
▲ DISPONIBILITE RP: 2/4
Voir le profil de l'utilisateur
▲ MESSAGES : 381
▲ ÂGE : On ne demande pas l'âge d'une dame !
▲ RACE : Elfe
▲ STATUT SOCIAL : Noble
▲ LIEU : Julatsa
▲ METIER OU OCCUPATION : Mage Ensorceleuse
▲ ALLEGEANCE : Les Cités Collegiales
▲ AVATAR & CREDITS : Emilia Clarke - Sélène ❤
MessageRe: HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me. 19/2/2017, 21:07
Cette fiche
Je crois que ce personnage était fait pour toi ! C'est un plaisir de te lire en tout cas

_________________
« Ma fille, ma douce Ciryial, tu grandis tellement vite et j'aimerais te garder auprès de moi, mais l'Appel ne se trompe pas, tu es prête à embrasser ton destin »
♣ ♠   CIRYIAL NEL LLYÜWEN ♠ ♣
STORY OF MY LIFE - FRIENDS & FOES
© Dita | Epicode
Revenir en haut Aller en bas
HARLEEN RAVRAN x Howl with me, run with me.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» The Howl, the Dove, The Crow and the Dragon [Pv Silarae, Ethan & Galadrielle ] RP TERMINE
» Howl At The Moon à Paris (Convention)
» Le corps se cache et l'âme ne désire que se montrer [Cayn Howl et Kyle Wate]
» Shad Howl, créature obscure
» C'est de ta peur dont j'ai peur [Harleen Quinzel/Jonathan Crane]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Song of Ravens-
Sauter vers: